Météo-France Martinique a confirmé, dans un article publié le 26 août dernier, que l'épisode El Niño en cours atteint une intensité forte, avec un indice Niño3.4 qui dépasse +2 °C sur le mois de juillet. Le phénomène explique à la fois la sécheresse de l'été martiniquais et une saison cyclonique inhabituellement calme.
Météo-France Martinique a confirmé, dans un article mis en ligne le 26 août dernier, que l'épisode El Niño en cours est devenu exceptionnel. L'indice Niño3.4, qui mesure l'écart des températures de surface de l'océan à leur moyenne de référence sur une bande du Pacifique équatorial central, a dépassé +2 °C au mois de juillet 2026. Ce seuil suffit à qualifier l'épisode d'intensité forte. En Martinique, les effets sont déjà mesurables : déficits de pluie marqués et saison cyclonique presque atone.
El Niño désigne un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial. Il revient tous les deux à sept ans et modifie la circulation atmosphérique à l'échelle de la planète, avec des conséquences qui se font sentir jusque dans l'Atlantique tropical.
Selon les prévisions saisonnières à six mois de Météo-France et d'autres centres, l'indice devrait continuer de monter jusqu'à un maximum en fin d'année, à un niveau d'intensité très forte. Lauriane Batté, climatologue à la Direction de la climatologie et des services climatiques de Météo-France, indique que l'épisode en cours sera « parmi les plus intenses observés depuis 1950 ».
Une saison cyclonique historiquement calme
En Martinique, la conséquence la plus visible concerne les cyclones. Météo-France relève « une activité cyclonique historiquement basse depuis le début de la saison ». À la date de l'article, seuls quatre phénomènes peu intenses et de courte durée avaient été observés, et un seul, la tempête tropicale Dolly, s'était formé dans la zone de développement cap-verdienne, ce qui est inhabituel.
Deux facteurs sont avancés : un fort cisaillement du vent sur la zone tropicale nord atlantique, en amont des Antilles, et une atmosphère souvent chargée en poussières sahariennes. Les perturbations ont donc surtout circulé sur les Petites Antilles sous forme d'ondes tropicales.
Sécheresse et chaleur jusqu'en novembre
Les observations de juillet confirment les prévisions publiées en juin : forts déficits pluviométriques, surtout sur le sud de l'île, et anomalies de températures en augmentation constante. Le mois d'août semble suivre la même trajectoire, sous réserve de confirmation des chiffres. Les prévisions saisonnières pour septembre à novembre 2026 tablent sur de nouveaux déficits de pluie et des températures légèrement supérieures à la normale.
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