L'IEDOM et l'IEOM ont publié en août leur bilan trimestriel des défaillances d'entreprises ultramarines. Les procédures bondissent de 29 % sur un an en Guadeloupe et de 18,5 % en Martinique, où la construction est en première ligne. Sur l'ensemble des Outre-mer, la hausse est près de trois fois plus rapide qu'en France entière.
L'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM) et l'Institut d'émission d'outre-mer (IEOM) ont publié en août 2026 leur note trimestrielle sur les défaillances d'entreprises, arrêtée au 2e trimestre. Entre juillet 2025 et juin 2026, 543 redressements et liquidations judiciaires ont été enregistrés en Guadeloupe, contre 421 sur les douze mois précédents, soit +29,0 %. En Martinique, 577 procédures ont été comptabilisées contre 487, soit +18,5 %. Sur l'ensemble des Outre-mer, 3 040 défaillances ont été recensées, en hausse de 14,9 %, contre 5,1 % en France entière (70 803 procédures).
Une accélération après un premier trimestre plus calme
En Guadeloupe, l'institut relève qu'« après un ralentissement au premier trimestre 2026, les défaillances accélèrent à nouveau ». Elles progressent sensiblement dans le conseil et les services aux entreprises, le commerce et la réparation automobile, ainsi que l'industrie. Avec 543 procédures cumulées sur un an, le département dépasse tous les niveaux relevés depuis le début de la série de l'institut, en 2011.
En Martinique, la hausse de 18,5 % succède à une progression de 8,5 % au premier trimestre. La construction est particulièrement concernée, avec 71 % de procédures supplémentaires sur un an.
Un décrochage général des Outre-mer
La progression ultramarine s'accélère nettement par rapport au premier trimestre (+10,4 %), quand la France entière s'en tient à +5,1 %. Tous les secteurs sont touchés, sauf l'agriculture, la sylviculture et la pêche, en repli de 16,7 %. Les principaux contributeurs à la hausse sont, selon l'IEDOM, le commerce et la réparation automobile (+24,1 %), l'enseignement, la santé et les services aux ménages (+23,5 %), le transport et l'entreposage (+47,2 %) et le conseil aux entreprises (+12,3 %). En rythme, les progressions les plus vives touchent le transport, l'immobilier (+38,2 %) et l'information-communication (+36,2 %). La construction ultramarine progresse de 6,3 %, quand elle recule de 1,6 % au niveau national.
Les Antilles ne sont pas les plus touchées : la Guyane enregistre la plus forte hausse (+40,0 %, à 175 procédures) et La Réunion le plus gros volume (1 236 défaillances, +17,7 %). À Mayotte, la chute de 58,3 % ne traduit pas une amélioration : le tribunal de commerce n'y siège pas depuis le 1er janvier 2026, faute de juges consulaires, d'où un retard dans le traitement des dossiers.
Ce que l'indicateur ne mesure pas
Une défaillance ne se confond pas avec une cessation d'activité, rappelle l'institut : l'une ne débouche pas nécessairement sur l'autre, et inversement. Deux réserves s'ajoutent. Les données du premier trimestre 2026 ont été revues à la hausse, de 2 868 à 2 883 procédures, ce qui porte la variation annuelle de 9,8 % à 10,4 %, sans explication. Et dans le tableau sectoriel, la somme des lignes publiées (3 024) ne correspond pas au total affiché (3 040).
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