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Crise électrique en Guyane : sabotage ou grève légitime ?

Crise électrique en Guyane : sabotage ou grève légitime ?
Image d'illustration.

Depuis le 25 février 2026, la Guyane vit au rythme des coupures d'électricité. 45 000 élèves privés d'école, des quartiers entiers plongés dans le noir, l'approvisionnement en eau perturbé sur tout le littoral. Le préfet Antoine Poussier accuse les grévistes d'EDF de "sabotage". Le syndicat UTG-CGT Éclairage dément et pointe un réseau vétuste. Entre droit de grève et accusations pénales, décryptage d'un conflit qui révèle les fragilités structurelles du territoire.

I. CHRONOLOGIE D'UNE CRISE

9 février 2026 : le préavis

Tout commence par un acte administratif classique. Le syndicat UTG-CGT Éclairage dépose un préavis de grève auprès de la direction d'EDF Guyane, conformément aux dispositions de la loi du 21 août 2007 sur le dialogue social dans les services publics.

Les revendications portent principalement sur les effectifs : le syndicat réclame 50 emplois supplémentaires pour renforcer les équipes de maintenance et d'intervention sur le réseau. Une demande justifiée, selon l'organisation syndicale, par l'état dégradé des infrastructures et les difficultés quotidiennes rencontrées par les agents.

Des négociations s'ouvrent entre la direction et les représentants du personnel. Elles n'aboutissent pas.

Mardi 25 février : les premières coupures

Dans la nuit de lundi à mardi, les premières perturbations surviennent. Plusieurs quartiers de l'île de Cayenne sont touchés, ainsi que les communes de Roura, Cacao, Macouria et Montsinéry-Tonnégrande.

EDF Guyane communique rapidement : environ 8 000 clients sont privés d'électricité. La direction évoque immédiatement des "faits anormaux sur le réseau" et des "manœuvres malveillantes manuelles sur les disjoncteurs de certains postes sources".

Mercredi 26 février : l'escalade

La situation s'aggrave considérablement. Les coupures se multiplient et touchent désormais les infrastructures critiques, notamment les usines de production d'eau potable.

Trois sites stratégiques sont mis à l'arrêt :

  • L'usine de Matiti
  • L'usine de la Comté
  • L'usine de Kourou

Sans électricité, les pompes ne fonctionnent plus. Les réservoirs se vident. L'approvisionnement en eau est perturbé sur une large partie du littoral, de Cayenne à Kourou.

Le préfet Antoine Poussier convoque une cellule de crise. À l'issue de la réunion, il tient une conférence de presse et emploie des mots particulièrement durs.

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