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Municipales 2026 en Guyane : à 13 jours du scrutin, qui sont les candidats ?

Municipales 2026 en Guyane : à 13 jours du scrutin, qui sont les candidats ?
Image d'illustration.

Le 15 mars, les Guyanais se rendront aux urnes pour élire leurs conseils municipaux. Dans un territoire en pleine mutation démographique et économique, cette élection revêt une importance particulière. Tour d'horizon des candidatures, des renoncements et des enjeux, commune par commune.

Un scrutin sous tension

Les municipales de 2026 s'annoncent disputées. Plusieurs maires sortants ne se représentent pas, ouvrant la voie à des renouvellements générationnels. D'autres, au contraire, briguent un nouveau mandat dans un contexte parfois tendu.

La campagne officielle a débuté, les panneaux électoraux sont installés, et les listes ont été déposées en préfecture. Le tirage au sort pour l'ordre d'affichage a eu lieu fin février. Place désormais aux programmes et aux débats.

Matoury : sécurité au cœur des préoccupations

À Matoury, deuxième commune de Guyane avec plus de 35 000 habitants, la campagne s'annonce animée. Parmi les candidats, Albanie Cippe place la sécurité au cœur de son programme.

"Je veux une police municipale renforcée et présente la nuit", a-t-elle déclaré à France-Guyane. Une promesse qui fait écho aux préoccupations des Matouriens, confrontés à une hausse des cambriolages et des incivilités ces dernières années.

Face à elle, d'autres candidats défendent des visions différentes de l'avenir de cette commune-dortoir de l'agglomération cayennaise. Francesca Félix, autre candidate, mise quant à elle sur la proximité : "La proximité avec les Matouriens nous a manqué", reconnaît-elle, pointant un déficit de dialogue entre la mairie et les habitants.

Rémire-Montjoly : un renoncement de dernière minute

Coup de théâtre à Rémire-Montjoly : Aline Charles a renoncé à se présenter. Cette décision, annoncée fin février, rebat les cartes dans cette commune résidentielle prisée de l'agglomération cayennaise.

Les raisons de ce retrait n'ont pas été détaillées publiquement. Mais dans une campagne où les candidatures se décident parfois au dernier moment, ce désistement ouvre des opportunités pour les autres prétendants.

Iracoubo : le bilan d'une mairesse sous pression

À Iracoubo, petite commune de l'ouest guyanais, la mairesse sortante Céline Régis dresse un bilan en demi-teinte. "Nous avons redressé Iracoubo, mais la pression a été très lourde pour ma famille", confie-t-elle.

Un témoignage qui illustre la difficulté d'exercer un mandat municipal en Guyane, où les élus locaux sont souvent en première ligne face aux difficultés sociales, économiques et sécuritaires. Les moyens limités des petites communes, combinés aux attentes élevées des administrés, créent une équation parfois insoluble.

Montsinéry-Tonnégrande : transition en vue

Le maire sortant Patrick Lecante a annoncé qu'il ne se représenterait pas. Une décision qui marque la fin d'une ère pour cette commune rurale de la périphérie cayennaise.

Pour lui succéder, Patrick Labeau défend une vision de continuité : "Montsinéry-Tonnégrande doit rester une commune rurale, ouverte et attractive". Un positionnement qui tranche avec les projets d'urbanisation massive que certains voudraient voir s'étendre sur ce territoire encore préservé.

Kourou : la question spatiale

À Kourou, ville du Centre spatial guyanais, le candidat Lutte Ouvrière Sébastien Caugant pose une question qui fâche : "À part les fumées des fusées, il ne retombe pas grand-chose".

Une critique récurrente en Guyane : le Centre spatial génère des milliards d'euros de chiffre d'affaires, mais les retombées économiques pour la population locale restent limitées. Les emplois qualifiés sont souvent pourvus par des métropolitains, et les sous-traitants locaux peinent à se développer.

Cette thématique, portée par l'extrême gauche, trouve un écho dans une partie de l'électorat kouroucien, frustré de voir la richesse spatiale leur échapper.

Roura, Maripasoula : des communes en quête de renouveau

Dans les communes de l'intérieur et de la périphérie, le diagnostic est souvent le même : enclavement, manque de services publics, chômage endémique.

À Roura, David Riché dresse un constat sans appel : "Roura ne peut pas rester dans un coma profond". À Maripasoula, Philippe Dekon renchérit : "Maripasoula n'attire plus : on doit redonner envie de rêver ici".

Des discours de rupture qui traduisent l'impatience d'une partie de la population face à des problèmes structurels non résolus depuis des décennies.

Les enjeux transversaux

Au-delà des spécificités locales, plusieurs thématiques reviennent dans toutes les communes :

La sécurité : hausse des cambriolages, trafic de drogue, violences urbaines. Les candidats rivalisent de propositions : police municipale, vidéosurveillance, médiateurs de quartier.

L'eau et l'électricité : la crise récente des coupures a rappelé la fragilité des infrastructures. Les maires n'ont pas de prise directe sur ces réseaux (gérés par l'État et ses opérateurs), mais ils sont en première ligne face à la colère des habitants.

Le logement : avec une croissance démographique de 2,5% par an, la Guyane manque cruellement de logements. Les maires doivent arbitrer entre urbanisation et préservation des espaces naturels.

L'emploi : le taux de chômage reste élevé, particulièrement chez les jeunes. Les collectivités locales sont souvent le premier employeur du territoire.

Et après le 15 mars ?

Si aucun candidat n'obtient la majorité absolue au premier tour, un second tour sera organisé le 22 mars. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, l'élection se fait au scrutin majoritaire plurinominal. Dans les plus grandes, c'est le scrutin de liste avec prime majoritaire qui s'applique.

Les nouveaux conseils municipaux éliront ensuite leurs maires, qui auront six ans pour tenir leurs promesses. Six ans, c'est long. Mais en Guyane, où les défis sont immenses et les moyens limités, c'est parfois bien court.

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