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Air Antilles : l'intersyndicale dénonce un « naufrage annoncé » et réclame des responsabilités

Air Antilles : l'intersyndicale dénonce un « naufrage annoncé » et réclame des responsabilités
Avion de la compagnie Air Antilles. Markus Mainka - stock.adobe.com

Trois signatures, un communiqué, et une formule. Quelques heures après le verdict de liquidation prononcé ce 27 avril par le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre, l'intersyndicale d'Air Antilles a publié un texte sans concession : « SEML Air Antilles : un naufrage annoncé, une responsabilité écrasante ». Trois délégués syndicaux signent, Brieuc Hardy pour le SNPL France ALPA, Mélissa Germé pour le SNPNC-FO, Maryse Lison pour l'UNSA Aérien. Et formulent une demande explicite : que toute la lumière soit faite sur les choix qui ont conduit à cette issue.

Le mot reste rare dans les communiqués syndicaux : « désastre ». Les trois délégués l'utilisent en clôture de leur texte, en demandant qu'il « ne soit ni minimisé, ni effacé ». La formule donne le ton d'une bataille post-liquidation qui ne fait que commencer, sur le plan des responsabilités politiques, du sort des 116 salariés, et de l'argent public engagé.

SEML, pas SA : pourquoi le statut compte

Premier élément sur lequel l'intersyndicale appuie : la nature de l'entreprise liquidée. Ce n'était pas une société commerciale ordinaire. Air Antilles avait été reprise sous forme de Société d'économie mixte locale (SEML), avec un capital partiellement public. Une mécanique juridique qui suppose, par construction, une gouvernance partagée entre actionnaires privés et collectivités, et une exigence renforcée de transparence sur les arbitrages stratégiques.

Le communiqué pointe directement la Collectivité de Saint-Martin, dont l'argent public engagé « se trouve aujourd'hui perdu, sans que les populations n'aient obtenu le service et la stabilité qui leur avaient été promis ». Une mise en cause pesante pour l'exécutif de Saint-Martin, qui devra rendre des comptes sur le calibrage de l'investissement, la gouvernance de la SEML et la pertinence des arbitrages successifs. Au-delà, c'est la question plus large des SEML de transport ultramarines qui est posée : ces véhicules, pensés comme des leviers de désenclavement, supportent-ils vraiment la pression du modèle économique aérien régional ?

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