La préfecture de Martinique a annoncé le 23 avril dernier la réouverture de l’abattoir du Lamentin après une réunion tenue le même jour avec les acteurs de la filière et l’État.
L’abattoir du Lamentin va pouvoir reprendre son activité. À l’issue d’une réunion de travail organisée jeudi 23 avril par Guillaume Chenut, directeur de la Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt, en présence de la Collectivité territoriale de Martinique, des représentants des filières bovines et porcines et du syndicat des artisans bouchers, la préfecture a acté la levée des restrictions, comme elle l’indique dans un communiqué publié à la suite de cette rencontre.
Elle rappelle qu’« une association de protection animale a[vait] porté à la connaissance de l’administration, le 25 mars 2026, une vidéo mettant en évidence des abattages réalisés dans des conditions révélant une perte de maîtrise des exigences en matière de protection animale ». Cette séquence a permis « d’identifier des dysfonctionnements au sein de la société Abattoirs de Martinique ».
Toujours selon la préfecture, « l’un des principaux dysfonctionnements concernait le dispositif d’immobilisation des animaux », un équipement inadapté aux petits gabarits, ne permettant pas « un étourdissement dans des conditions satisfaisantes ». Face à cette situation, le préfet avait pris « un arrêté limitant les activités de l’abattoir ».
Des mesures correctives ont depuis été mises en œuvre. La préfecture précise que des travaux d’urgence ont été réalisés et que des tests ont été réalisés sur différentes séries d’animaux et que ceux-ci se sont avérés satisfaisants. En parallèle, l’exploitant a été mis en demeure de former à nouveau ses agents aux bonnes pratiques, formations désormais effectuées.
Une reprise encadrée par l’État
Ces évolutions conduisent l’État à lever les restrictions. « L’arrêté préfectoral ainsi que la mise en demeure ont été levés », indique le communiqué, ajoutant que « les activités de la société Abattoirs de Martinique peuvent reprendre normalement, sous une surveillance renforcée de l’administration ».
La préfecture insiste également sur les enjeux sanitaires et structurels. Elle souligne que « cet abattoir » revêt « une importance » majeure, avertissant qu’à défaut, « l’ensemble des animaux de boucherie serait abattu alors qu’ils sont conscients, dans des conditions informelles ne garantissant ni la sécurité sanitaire des viandes […] ni le contrôle de la présence de chlordécone ».
Elle appelle ainsi « les consommateurs à rester vigilant quant à l’origine de la viande de bœuf » et à signaler toute situation suspecte.
Des révélations à l’origine d’une crise majeure
Pour rappel, la diffusion d’images par l’association L214 avait déclenché une vive polémique. L’organisation dénonçait « des infractions qui ont des conséquences directes sur les animaux », évoquant notamment « des vaches égorgées encore conscientes malgré l’étourdissement » ou « découpées alors qu’elles étaient encore en vie ».
Elle pointait aussi « des veaux placés à plusieurs dans le box d’abattage » ainsi que « des coups d’aiguillon électrique répétés », estimant que « chaque nouvelle mise à mort dans ces conditions entraîne des souffrances supplémentaires ». L’association jugeait ces pratiques incompatibles avec la poursuite de l’activité et affirmait que « l’abattoir du Lamentin illustre une défaillance systémique, pas un dysfonctionnement isolé ».
Dans le prolongement de ces révélations, l’association Stéphane Lamart avait annoncé avoir déposé plainte pour « actes de cruauté animale », évoquant « des faits, d’une gravité exceptionnelle » susceptibles de relever de « sévices graves ».
Ces éléments avaient conduit les autorités locales à engager des investigations. La réouverture de l’abattoir marque une nouvelle étape, sous contrôle renforcé de l’État, alors que les attentes restent fortes sur le respect durable des normes de protection animale.
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