Interpellée le 7 juillet à l'Assemblée nationale par le député Rassemblement national Matthias Renault, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a défendu l'accord-cadre signé avec la Collectivité territoriale de Martinique. Elle a rejeté toute remise en cause de l'appartenance de l'île à la République.
L'accord-cadre sur l'évolution institutionnelle de la Martinique s'est invité dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Lors des Questions au gouvernement du 7 juillet, le député du Rassemblement national Matthias Renault a vivement interpellé la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, dénonçant un texte signé, selon lui, « en catimini » et mettant en cause sa légitimité. Dans sa réponse, la ministre a fermement défendu la démarche engagée avec les élus martiniquais.
Dans sa question, le député a accusé le gouvernement de « passer outre la volonté de nos compatriotes martiniquais » et estimé qu'« un président en fin de course et un gouvernement sans majorité n'ont aucune légitimité pour altérer ainsi l'architecture de notre République, une et indivisible ». Il a également reproché à l'exécutif de privilégier des « débats institutionnels sans fin » au détriment des réponses aux difficultés économiques, à la vie chère ou encore au narcotrafic.
Naïma Moutchou a aussitôt rejeté ces critiques. « Vous caricaturez un texte que manifestement vous n'avez pas lu, ou mal lu », a-t-elle lancé au député, avant d'affirmer que « la Martinique, comme les outre-mer, ne sont pas des terrains de jeu présidentiels ».
« L'accord-cadre ne cède pas un centimètre à la République »
La ministre a tenu à lever les ambiguïtés entourant le document signé le 1er juillet avec la Collectivité territoriale de Martinique. Selon elle, l'accord-cadre « ne cède pas un centimètre à la République » et « n'organise ni l'autonomie, a fortiori l'indépendance du territoire ». Elle a accusé son interlocuteur de « relayer des fake news » et de chercher à inquiéter la population sur le contenu réel du texte.
Naïma Moutchou a également rappelé que la réflexion sur l'évolution institutionnelle ne venait pas de l'État mais des élus martiniquais. Elle a souligné que « tous les élus de la Martinique, de droite comme de gauche », s'étaient prononcés à l'unanimité, en octobre dernier, pour engager des discussions sur l'avenir institutionnel de l'île. Pour le gouvernement, l'accord-cadre ne fait donc que formaliser un processus déjà engagé et ouvrir une phase de dialogue.
Les Martiniquais auront le dernier mot
La ministre a insisté sur le fait que l'accord ne préjuge d'aucune évolution institutionnelle. « Nous ne préemptons rien, nous n'imposons aucun modèle », a-t-elle affirmé, rappelant qu'au terme du processus, s'il devait déboucher sur un texte, « les Martiniquaises et les Martiniquais décideront ». Ils seront consultés et « maîtres de leur destin », a-t-elle déclaré. En conclusion, Naïma Moutchou a rappelé que l'action du gouvernement ne se limitait pas à cette réflexion institutionnelle. Elle a cité les dossiers du quotidien, notamment la lutte contre le narcotrafic et le développement économique, invitant le député à dépasser « les slogans » pour participer à ce travail.
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