Selon une étude publiée le 7 mai par l’Insee, 86 % des actifs martiniquais utilisent leur voiture pour aller travailler et près de six sur dix exercent dans une autre commune que celle où ils résident.
La voiture demeure le principal moyen de transport des actifs martiniquais pour leurs trajets domicile-travail. Dans une étude publiée le 7 mai dernier, l’Insee souligne que 86 % des travailleurs qui se déplacent pour rejoindre leur emploi utilisent leur voiture en Martinique. Comme en Guadeloupe, les déplacements intercommunaux restent très nombreux et contribuent fortement à la saturation du réseau routier, notamment dans le centre de l’île.
Selon l’Insee, la Martinique compte plusieurs grands pôles d’emploi concentrés autour de Fort-de-France, du Lamentin et de Ducos. Cette organisation du territoire pousse une grande partie des actifs à quitter quotidiennement leur commune de résidence pour aller travailler ailleurs. L’étude rappelle ainsi que 56 % des actifs martiniquais sont des « navetteurs », c’est-à-dire des travailleurs qui résident dans une commune mais exercent leur activité dans une autre.
Les communes les plus résidentielles enregistrent des proportions particulièrement élevées de navetteurs. À Case-Pilote et Saint-Joseph, près de huit actifs sur dix quittent leur commune pour travailler. L’Insee note également que cette mobilité progresse dans les communes les plus éloignées du centre, signe d’un étalement urbain de plus en plus marqué.
Une forte concentration des flux vers le centre de l’île
L’étude met particulièrement en avant la concentration des déplacements autour de Fort-de-France et du Lamentin. Ces deux communes « attirent près de 60 % des navetteurs en raison de la concentration des emplois ». Selon l’Insee, « plus de la moitié des emplois martiniquais y est localisée ».
Les travailleurs qui se rendent à Fort-de-France proviennent principalement des communes voisines. L’Insee précise que « 43 % » des navetteurs à destination du chef-lieu viennent du Lamentin, de Schœlcher et de Saint-Joseph. Une autre partie importante arrive des communes de la seconde couronne autour de l’agglomération foyalaise.
Le Lamentin apparaît également comme un point majeur de convergence des déplacements quotidiens. Les communes limitrophes concentrent à elles seules « 60 % des navetteurs » qui s’y rendent pour travailler. L’Insee insiste aussi sur « le chassé-croisé quotidien de plus de 4 500 navetteurs dans chaque sens » entre Fort-de-France et Le Lamentin, soit « 13 % des navetteurs de l’île ».
Ces déplacements massifs expliquent en grande partie les difficultés de circulation observées quotidiennement dans le centre de la Martinique, notamment aux heures de pointe.
Les transports alternatifs restent minoritaires
Comme en Guadeloupe, la voiture domine très largement les habitudes de déplacement. L’Insee souligne que « neuf navetteurs sur dix se déplacent en voiture » en Martinique. Même parmi les actifs travaillant dans leur commune de résidence, la voiture reste majoritaire avec « 72 % » des déplacements.
Les transports en commun demeurent peu utilisés. Selon l’étude, seuls « 8 % des navetteurs utilisent les transports en commun ». Les cadres et professions intermédiaires sont les catégories qui changent le plus fréquemment de commune pour travailler : respectivement « 64 % » et « 63 % » d’entre eux sont des navetteurs.
L’Insee observe enfin que la propension à travailler dans une autre commune augmente avec le niveau de qualification. En 2013, « six Martiniquais diplômés du supérieur sur dix ne travaillent pas dans leur commune de résidence »
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