Le tribunal administratif a imposé des mesures d'urgence à la prison de Baie-Mahault face à une situation décrite comme dramatique : 251 % d'occupation, plus de 160 détenus dormant sur des matelas au sol, parfois sur des tables ou des frigos. Le 12 mai, le député guadeloupéen Elie Califer a interpellé le gouvernement à l'Assemblée nationale. Réponse du ministre délégué Jean-Didier Berger : 300 places supplémentaires à Baie-Mahault et un projet de reconstruction de Basse-Terre. Une réponse à la mesure du problème ?
435 détenus pour 173 places officielles. Le chiffre, pour la prison de Fonds-Sarail à Baie-Mahault, donne le ton de l'urgence carcérale guadeloupéenne. Lors d'une inspection menée à l'automne 2025, le contrôleur général des lieux de privation de liberté a documenté un taux d'occupation du quartier de détention des hommes à 251 %. Plus de 160 détenus dorment sur des matelas posés au sol, parfois selon le rapport sur des tables et des frigos détournés de leur usage. Une situation jugée dramatique par le contrôleur, qui demande des mesures d'urgence sans attendre les chantiers à venir.
Le tribunal administratif vient justement de s'inscrire dans cette demande. Saisi par les organisations professionnelles et associations de défense des droits des détenus, il a imposé des mesures d'urgence à l'établissement. Le détail précis du dispositif n'a pas encore été rendu public dans son intégralité, mais les premières informations indiquent qu'il porte sur les conditions d'accueil, l'accès aux activités, la séparation des publics et la gestion des couchages d'appoint.
Une interpellation parlementaire et la réponse du gouvernement
Le 12 mai, à l'Assemblée nationale, le député Elie Califer (Guadeloupe) a interpellé le gouvernement sur la situation. La question s'inscrit dans une séquence plus large entamée fin avril, lorsque les surveillants de Baie-Mahault avaient bloqué l'établissement dans le cadre d'un mouvement national lancé par l'UFAP-UNSA Justice, qui touchait également Ducos en Martinique et Rémire-Montjoly en Guyane.
Réponse du ministre délégué chargé de la Sécurité Jean-Didier Berger : des chantiers immobiliers sont confirmés. À Baie-Mahault, 300 places supplémentaires sont annoncées, à travers la construction de deux nouvelles ailes de détention. À Basse-Terre, un projet de reconstruction et d'extension de la prison est inscrit à la programmation. Pour les acteurs locaux, ces annonces sont attendues de longue date, mais leur calendrier exact reste à confirmer par l'Agence publique pour l'immobilier de la Justice (APIJ).
Cet article est réservé aux membres
Créez votre compte gratuitement pour accéder à tous nos contenus
Déjà membre ? Se connecter

À lire aussi
Choose Outre-mer, le pari des atouts
oct. 03, 2026
Ary Chalus condamné, il fait appel et reste à la Région
oct. 02, 2026
Narcotrafic : le Grand Port verrouille ses quais
oct. 02, 2026