318 dossiers. C'est le nombre de Guyanais qui ont frappé à la porte de la commission de surendettement en 2025. Un chiffre en hausse de 9,3 % sur un an. Derrière ces statistiques, un portrait-robot qui en dit long sur les fractures sociales du territoire : des femmes, seules, avec des enfants à charge, qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts.
Les chiffres qui parlent
La commission de surendettement de Guyane vient de dresser son bilan annuel. Les données sont sans appel :
- 318 dossiers déposés en 2025 (contre 291 en 2024)
- +9,3 % de hausse sur un an
- 152 dépôts pour 100 000 habitants
Ce dernier chiffre peut sembler rassurant : la Guyane reste en dessous de la moyenne nationale (267 dépôts pour 100 000 habitants dans l'Hexagone). Mais il ne raconte qu'une partie de l'histoire.
Car en Guyane, le recours aux procédures officielles ne reflète pas l'ampleur réelle de la précarité. Beaucoup de ménages en difficulté ne connaissent pas leurs droits, n'ont pas accès aux services, ou survivent dans l'économie informelle. Les 318 dossiers sont la partie émergée de l'iceberg.
Portrait-robot : femme, seule, avec enfants
Qui sont les surendettés guyanais ? L'IEDOM a dressé leur profil. Et il est frappant :
- 75,4 % sont des femmes
- 53,1 % sont seules avec enfant(s)
- 49,8 % gagnent moins de 1 122 euros par mois
- 60,2 % sont actifs (y compris en recherche d'emploi)
Autrement dit, le surendettement guyanais a un visage : celui d'une mère célibataire, qui travaille ou cherche du travail, mais dont les revenus ne suffisent pas à couvrir les dépenses du quotidien.
Ce n'est pas le surendettement des investissements hasardeux ou des dépenses somptuaires. C'est celui de la survie. Celui des fins de mois impossibles, des crédits à la consommation contractés pour payer les courses, l'électricité, la rentrée scolaire.
9 millions d'euros de dettes
En 2025, l'endettement total des ménages surendettés en Guyane s'élève à 9 millions d'euros.
La dette médiane (hors immobilier) atteint 16 954 euros par dossier. Un niveau légèrement inférieur à la moyenne nationale (17 951 euros), mais qui représente plus d'un an de revenus pour les ménages concernés.
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