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Sécheresse en Guyane : le Maroni à l'arrêt, l'économie de l'intérieur asphyxiée

Sécheresse en Guyane : le Maroni à l'arrêt, l'économie de l'intérieur asphyxiée
Image d'illustration. DR

Fin de la navigation fluviale, remontée du biseau salin vers les captages du littoral, forages à sec. L'épisode de sécheresse lié à un El Niño d'ampleur exceptionnelle paralyse l'approvisionnement des communes de l'intérieur, menace l'agriculture et l'eau potable, et pousse le préfet à juger le plan Orsec 2026 "inéluctable".

Un fleuve qui cesse d'être une route

C'est désormais un fait établi, rapporté par Guyaweb le 25 septembre : la navigation est arrêtée sur le Maroni, et la remontée du biseau salin se poursuit sur le littoral. Les piroguiers l'avaient vu venir. Dès le mois d'août, Madeleine Akatia, présidente du syndicat des transporteurs fluviaux de Guyane, avertissait que le gros matériel, véhicules compris, ne serait bientôt plus transportable sur le Maroni ni sur l'Oyapock, à Camopi ou à Ouanary (Outre-mer La 1ère, 25 août 2026). Début septembre, son syndicat a réduit le tonnage acheminé, limité l'usage des grosses embarcations puis le nombre de passagers (France-Guyane, 5 septembre 2026). Certaines communes du Maroni ont anticipé en faisant acheminer bouteilles, citernes d'eau et denrées non périssables, avec en mémoire l'épisode de 2024, qui avait isolé près de 40 000 habitants et provoqué pénuries d'eau et de nourriture (Reporterre, 5 novembre 2024).

Le littoral n'est pas épargné

Le déficit de pluviométrie frappe aussi la façade atlantique. Juillet 2026 a été le mois de juillet le plus sec enregistré depuis 1967, avec un déficit de précipitations de 49 % par rapport à la normale, précise Ludovic Magnoulou, responsable du service de prévision de Météo-France en Guyane (Outre-mer La 1ère, 25 août 2026). La baisse des fleuves favorise la remontée des eaux salées, qui complique certains captages d'eau potable, un phénomène déjà observé lors de la sécheresse de 2024 (Le Monde, 15 novembre 2024). Côté agriculture, la Chambre d'agriculture appelle les exploitants à signaler les dégâts sur leurs parcelles, alors que les épisodes de 2023 et 2024 avaient déjà conduit à la reconnaissance de l'état de calamité agricole (Péyi Guyane, 9 septembre 2026). Le risque de feux de végétation s'accroît en parallèle.

Le coût de l'anticipation

Les services de l'État, la CTG, les communes, Météo-France et EDF ont renforcé leur coordination dès septembre. "Ce n'est pas ce qu'on souhaite, mais le déclenchement du plan Orsec en 2026 est inéluctable", a reconnu le préfet Antoine Poussier le 4 septembre, alors que l'ONU présentait l'épisode El Niño en cours comme le plus puissant en quatre décennies (France-Guyane, 5 septembre 2026). Si la navigation fluviale s'interrompt durablement, le fret pourrait être repris par des moyens aériens, les avions de Van Air, Guyane Express Fly et les Casa des Forces armées étant pressentis. EDF, de son côté, augmente ses réserves de carburant pour sécuriser l'alimentation des centrales thermiques de Papaïchton, Grand-Santi et Maripasoula (Péyi Guyane, 9 septembre 2026). Autant de dispositifs qui ont un prix, pour un territoire inquiet pour 2026 et déjà pour 2027.

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