Narcotrafic : le Grand Port verrouille ses quais

Narcotrafic : le Grand Port verrouille ses quais
Le préfet de la martinique Étienne Desplanques au Grand Port Maritime. Crédit : préfecture de la Martinique

La préfecture et le Grand Port maritime de la Martinique ont présenté le 25 septembre une stratégie de sûreté 2025-2029 dotée de 5,8 millions d'euros. Objectif : couper la route de la cocaïne vers l'Europe.

« Ça va être beaucoup plus risqué, donc beaucoup plus coûteux, donc passez votre chemin. » Ce message du préfet Étienne Desplanques aux trafiquants, rapporté par Antilla, accompagne la stratégie de sûreté portuaire 2025-2029. Il l'a présentée vendredi 25 septembre 2026 avec Bruno Mencé, président du directoire du Grand Port maritime de la Martinique. Selon la préfecture, elle prévoit 5,8 millions d'euros d'investissements, dont 2,9 millions dès 2026. Le but est triple : faire du port une référence en matière de sûreté dans la Caraïbe, entraver la route de la cocaïne vers l'Europe et empêcher l'importation de résine de cannabis. « Nous avons déjà investi près de 3 millions d'euros en 2026. Nous allons continuer avec un cycle d'investissement de l'ordre de 3 millions supplémentaires pour atteindre des niveaux de sûreté dans les standards mondiaux », détaille Bruno Mencé, cité par Antilla. Selon le même média, le préfet rappelle que le port et l'aéroport sont les deux principales voies de sortie de la cocaïne du territoire. Michel Aleu, directeur territorial de la police nationale, y élargit l'enjeu : « lutter contre le narcotrafic, ce n'est pas simplement protéger l'Europe de la cocaïne qui peut passer par la Martinique, c'est aussi protéger les Martiniquais ».

Un chien robot sur les quais

La stratégie repose sur six leviers. Le plus spectaculaire : le port s'est doté d'un chien robot, selon Martinique la 1ère. Ce robot quadrupède complète des caméras thermiques, des radars périmétriques et des drones aériens. Son acquisition fait suite à un audit réalisé fin 2024, explique Bruno Mencé à la chaîne : « C'est l'avenir. Avant nous avions des caméras avec un opérateur derrière un écran et la caméra avait toujours le même angle de vision. » Le président du directoire espère en obtenir d'autres. La protection physique est durcie avec une double clôture, des barbelés concertina et des contrôles biométriques aux accès. Les images du port seront transmises 24 heures sur 24 aux services de police compétents.

Les salariés aussi concernés

Le contrôle des badges et des habilitations est resserré pour toutes les personnes amenées à travailler au port, avec des délais de délivrance raccourcis et des vérifications régulières. Jusqu'à présent, environ 200 salariés, en majorité des dockers et des contrôleurs de portiques, faisaient l'objet d'une enquête administrative tous les cinq ans, selon Martinique la 1ère. « Aujourd'hui, la préfecture habilite toute personne qui travaille même temporairement sur le port », précise Étienne Desplanques à Antilla. Les personnels seront formés aux risques de narcotrafic et de corruption, avec une chaîne d'alerte et un code de conduite anticorruption. Un service sûreté dédié, rattaché directement à la présidence du directoire, pilotera l'ensemble. « Il faut qu'une culture de la sûreté s'installe de manière pérenne sur le port », insiste Bruno Mencé.

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