Le tribunal administratif de la Guadeloupe a rejeté début juin les recours déposés contre les élections municipales de mars 2026 à Gourbeyre et à Grand-Bourg, confirmant les résultats issus des urnes.
Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 à Gourbeyre et à Grand-Bourg de Marie-Galante ne seront pas remises en cause. Par deux jugements rendus les 8 et 9 juin, le tribunal administratif de la Guadeloupe a rejeté les protestations électorales déposées par des candidats battus dans ces deux communes, estimant que les irrégularités ou griefs invoqués n’étaient pas de nature à altérer la sincérité des scrutins.
Ces décisions interviennent dans un contexte marqué par un important contentieux électoral. À la suite des municipales de mars 2026, le tribunal administratif avait enregistré quarante protestations électorales et cinq déférés préfectoraux dans l’archipel.
À Gourbeyre, la contestation avait été introduite par Marguerite Civis, tête de la liste « L’unité Gourbeyrienne », arrivée en deuxième position derrière la liste « Goubè an nou » conduite par Claude Edmond. Au terme du scrutin, cette dernière avait obtenu 1 356 voix, soit 45,15 % des suffrages exprimés, contre 1 136 voix pour la liste de Marguerite Civis.
La candidate contestait notamment la diffusion d’un tract anonyme durant l’entre-deux-tours. Selon elle, ce document présentait sa liste comme proche du Rassemblement national et du député européen Thierry Mariani Tolassy, ce qui aurait pu influencer les électeurs. Elle dénonçait également les conditions dans lesquelles ces informations avaient circulé durant la campagne.
Un tract jugé sans incidence sur la sincérité du scrutin
Les juges n’ont toutefois pas suivi cette analyse. Dans leur décision, ils considèrent que les allégations contenues dans le tract n’ont pas dépassé les limites du débat électoral. Ils relèvent également qu’il n’a pas été démontré que ce document ait fait l’objet d’une diffusion massive susceptible d’influencer significativement le vote.
Le tribunal souligne par ailleurs que Marguerite Civis avait rapidement réagi en diffusant un communiqué et un plaidoyer dès le 18 mars, soit plusieurs jours avant le second tour. Elle avait également pu clarifier sa position lors de débats télévisés. Les magistrats ont donc estimé qu’aucun des griefs invoqués ne justifiait une annulation du scrutin.
À Grand-Bourg, la situation était différente. Le recours avait été déposé par Yohann Selbonne, dont la liste « Ensemble construisons demain » avait été battue de seulement quarante voix par celle de la maire sortante Maryse Etzol. Cette dernière avait recueilli 1 826 suffrages, contre 1 786 pour son adversaire.
Quinze bulletins réintégrés mais un résultat inchangé
L’examen du dossier a conduit le tribunal à reconnaître une irrégularité. Quinze bulletins en faveur de la liste de Yohann Selbonne avaient été écartés à tort lors du dépouillement. Ils avaient été considérés comme des bulletins du premier tour en raison de leur couleur, alors qu’ils étaient valables pour le second tour.
Les magistrats ont donc rectifié le résultat en ajoutant ces quinze voix au total obtenu par la liste contestataire. Cette correction n’a cependant pas modifié l’issue de l’élection ni la répartition des sièges au conseil municipal.
Le tribunal a également examiné les interrogations soulevées concernant l’inscription de plusieurs électeurs sur les listes électorales. S’il a relevé des doutes sur le domicile réel de certains d’entre eux, il a rappelé que son rôle n’était pas de statuer sur la régularité des inscriptions elles-mêmes, mais de déterminer si celles-ci résultaient de manœuvres ayant pu fausser le scrutin. Les juges ont conclu que tel n’était pas le cas.
En rejetant ces deux protestations, la juridiction administrative confirme ainsi les résultats des élections municipales dans les deux communes, poursuivant l’examen des nombreux recours déposés à l’issue du scrutin de mars 2026 en Guadeloupe.
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