Huit entreprises martiniquaises créées au premier semestre 2018 sur dix étaient toujours actives cinq ans plus tard, contre sept sur dix en Hexagone, selon une étude de l’Insee publiée le 8 octobre.
« La Martinique figure ainsi parmi les régions françaises où la pérennité des entreprises est la plus élevée » : c’est le constat que dresse l’Insee dans une étude publiée le 8 octobre 2026. L’institut a suivi les entreprises créées en Martinique au premier semestre 2018. Cinq ans plus tard, 80 % d’entre elles étaient toujours actives, contre 69 % en Hexagone. La génération 2018 fait mieux que celle de 2014, dont 72 % avaient atteint leur cinquième anniversaire. Ces entreprises ont aussi créé de l’emploi : selon l’Insee, leur emploi salarié « a pratiquement triplé en cinq ans ». Elles y sont parvenues malgré la crise du Covid-19, qu’elles ont dû affronter très tôt. Les sociétés atteignent plus souvent leur cinquième anniversaire que les entreprises individuelles : 86 % contre 58 %. L’écart, de 28 points, est bien plus marqué qu’en Guadeloupe (17 points) ou en Hexagone (6 points).
Le commerce, maillon faible
Le profil des créateurs a changé. Entre 2014 et 2018, les créations d’entreprises individuelles ont été divisées par deux, tandis que celles de sociétés augmentaient de 32 %. Les sociétés représentent désormais 80 % des créations. La pérennité varie aussi selon le secteur d’activité. Les activités spécialisées, scientifiques et techniques (90 %) et la construction (88 %) résistent le mieux. Le commerce figure parmi les secteurs les plus fragiles : moins d’une entreprise individuelle commerciale sur deux (47 %) est encore active au bout de cinq ans. L’hébergement-restauration est le seul secteur où la pérennité recule (74 %, contre 78 % pour la génération 2014).
La hausse de l’emploi repose sur une minorité d’entreprises. Partis de 420 salariés, leurs effectifs ont été multipliés par 2,7. 28 % des entreprises ont augmenté leur effectif, 65 % l’ont maintenu et 7 % l’ont réduit. Près d’un quart des sociétés ont embauché, contre une entreprise individuelle sur vingt.
L’épreuve du Covid
La génération 2018 a été rapidement exposée à la crise économique liée à la pandémie. Deux entreprises sur trois encore actives en 2021 déclarent une baisse d’activité. Une sur dix a dû arrêter totalement son activité (6 % en Hexagone) et 29 % ont perdu au moins la moitié de leur chiffre d’affaires (20 % en Hexagone). Les difficultés financières dominent, devant les problèmes d’approvisionnement, qui touchent près d’une entreprise sur quatre. 65 % ont bénéficié d’au moins une mesure de soutien, principalement le fonds de solidarité, l’activité partielle et le report d’échéances sociales ou fiscales. Les collectivités locales ont aidé 9 % d’entre elles, trois fois plus qu’en Hexagone. « Malgré ce choc, la plupart des entreprises qui ont survécu à la crise, sont encore actives en 2023 », conclut l’Insee.
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