La croissance économique de la Martinique est restée quasiment nulle en 2025. Dans sa note Comptes économiques rapides de la Martinique en 2025, publiée en juillet, le Cerom montre que la consommation des ménages soutient encore l'activité, mais que le recul de l'investissement, la fragilité du marché du travail et le ralentissement des échanges extérieurs empêchent tout véritable rebond.
Le Cerom dresse un constat peu encourageant dans sa note Comptes économiques rapides de la Martinique en 2025, publiée en juillet 2026. L'économie martiniquaise a quasiment fait du surplace l'an dernier, avec une croissance limitée à 0,1 %, après +0,3 % en 2024. À l'échelle nationale, le PIB progresse de 0,8 %. Les auteurs résument la situation en une formule : « l'économie martiniquaise stagne », après déjà deux années de faible croissance. Le Cerom (Comptes économiques rapides pour l'Outre-mer) est un partenariat réunissant depuis 2004 l'Insee, l'IEDOM et l'Agence française de développement (AFD). Il publie chaque année une estimation rapide de la croissance des économies ultramarines à partir des premières données disponibles, avant la consolidation des comptes définitifs. La faible progression du PIB masque une évolution contrastée des différents moteurs de l'économie. Le PIB par habitant atteint 31 000 euros, une hausse qui s'explique notamment par la diminution de la population martiniquaise, en recul de 0,6 % par an en moyenne depuis 2015.
L'investissement en panne, la consommation résiste
Le principal frein à la croissance est l'investissement, qui chute de 6 % en volume en 2025. Selon le Cerom, il s'agit de « l'unique composante du PIB contribuant négativement à la croissance ». Le recul touche aussi bien le secteur privé que le secteur public. Dans la construction, l'investissement baisse de 8,5 %, tandis que les investissements publics reculent de 6,7 % en valeur et que les crédits à l'investissement des entreprises diminuent de 2 %, traduisant un ralentissement des projets. À l'inverse, la consommation des ménages repart légèrement à la hausse (+1 %) et devient « le principal moteur de la croissance ». Cette évolution est favorisée par le ralentissement de l'inflation, qui passe de 2,8 % à 1,1 % en un an. Les prix de l'énergie reculent de 4,9 %, tandis que ceux de l'alimentation augmentent moins rapidement, dans le contexte de la mise en œuvre du protocole de lutte contre la vie chère. Pour autant, cette amélioration reste limitée par un marché du travail qui demeure fragile : l'emploi salarié recule encore de 0,4 %, principalement dans le secteur privé.
Des échanges extérieurs toujours orientés à la baisse
Les échanges extérieurs continuent de peser sur l'activité. Les importations diminuent de 0,6 %, principalement sous l'effet de la baisse des achats de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés. En revanche, hors produits pétroliers, les importations progressent, notamment pour les produits manufacturés et agroalimentaires. Les exportations reculent également (-0,2 %). Le Cerom souligne que la forte hausse des exportations de produits pétroliers raffinés (+23 %), après la reprise de l'activité de la raffinerie, ne suffit pas à compenser le recul des exportations de biens manufacturés (-22,9 %), de produits agroalimentaires (-10,6 %) et la baisse des dépenses touristiques. Le déficit commercial se creuse ainsi de près de 50 millions d'euros. Le tourisme illustre ce paradoxe. La fréquentation augmente de 4,2 %, portée par 1,9 million de passagers à l'aéroport Martinique Aimé-Césaire (+2,3 %) et une hausse de 20 % du nombre de croisiéristes. Pourtant, les dépenses touristiques diminuent de 1,4 %, à 587 millions d'euros. Selon le Cerom, cette évolution s'explique notamment par une baisse des dépenses consacrées à l'hébergement, tandis que les nuitées hôtelières reculent de 6,4 %.
La consommation publique marque le pas
Dernier enseignement de l'étude, la consommation des administrations publiques cesse de soutenir la croissance. Après avoir constitué son principal moteur en 2024, elle stagne en 2025 (-0,1 % en volume). Cette évolution s'explique par la baisse des dépenses des administrations et de l'enseignement, liée notamment au recul des effectifs dans la fonction publique et à la diminution du nombre d'élèves. À l'inverse, les dépenses de santé progressent sous l'effet du vieillissement de la population et des besoins croissants en personnel soignant.
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