Du 14 au 17 octobre 2026, l'agence Martinique Développement organise à Fort-de-France la première édition du forum « Invest in Martinique ». Objectif : mettre en relation investisseurs nationaux et internationaux avec les porteurs de projets martiniquais publics et privés à fort potentiel de développement. Un pari sur l'attractivité territoriale, dans un contexte où l'accord-cadre du 1er juillet ouvre une phase de transition politique.
Fort-de-France, du 14 au 17 octobre 2026. L'agence Martinique Développement, bras opérationnel de la CTM pour l'accompagnement des entreprises et de l'attractivité territoriale, organise à ces dates la première édition du forum Invest in Martinique. Événement inédit sur le territoire. Ambition : faire venir des investisseurs (nationaux, européens, internationaux) et les mettre face à face avec les porteurs de projets martiniquais qui ont besoin de financement, de partenaires industriels ou de savoir-faire complémentaires.
Le format est éprouvé ailleurs. La Bretagne, la Nouvelle-Aquitaine, La Réunion, la Guadeloupe organisent depuis plusieurs années ce type d'événement, avec des taux de conversion variables mais souvent significatifs. Un forum de trois-quatre jours, bien préparé, peut générer des dizaines de millions d'euros d'engagements d'investissement, plusieurs centaines d'emplois à horizon deux-trois ans, et surtout une visibilité internationale du territoire.
Pour la Martinique, plusieurs raisons rendent le lancement particulièrement opportun.
D'abord, le contexte macroéconomique. Le CEROM vient de publier le 9 juillet ses comptes économiques rapides : croissance quasi nulle en 2025, investissement public et privé en repli. La Martinique a besoin d'un choc d'attractivité pour sortir de la stagnation. Le forum est un des outils de ce choc.
Ensuite, l'accord-cadre signé le 1er juillet entre l'État et la CTM ouvre officiellement une phase de discussion sur l'évolution institutionnelle. Cette phase peut être lue positivement (nouvelle capacité d'adaptation des règles au territoire) ou négativement (incertitude, décalage entre annonce et opérationnel). Un forum d'investissement bien conduit peut aider à envoyer un signal positif : la Martinique reste ouverte aux affaires, et elle prépare son avenir.
Enfin, le repositionnement caribéen. L'adhésion de la Martinique à la CARICOM comme membre associé (16 avril 2026), doublée de l'adhésion guyanaise (7 juillet 2026), replace le territoire dans un bassin économique de plus de 16 millions de consommateurs. Le forum peut servir de vitrine pour les partenariats caribéens, pas seulement pour les investissements hexagonaux ou européens.
Reste à réussir l'exécution. Trois défis se dessinent.
Attirer les bons investisseurs. Un forum n'a de valeur que si les investisseurs présents ont la surface financière et le mandat pour investir effectivement. Cela suppose un travail commercial en amont, un ciblage sectoriel précis, une capacité à parler la langue et à comprendre les codes des investisseurs internationaux. Business France Caraïbes (basé à la Barbade), les chambres consulaires internationales, les réseaux de banque d'affaires spécialisés dans les DROM sont des relais indispensables.
Structurer les projets martiniquais. Un forum où l'on présente des projets non aboutis (études de faisabilité manquantes, plans financiers incomplets, gouvernance floue) ne convertit pas. Martinique Développement, la CCIM, la CMA et les acteurs consulaires ont plusieurs mois pour identifier et accompagner une cinquantaine à une centaine de projets prêts à convaincre. C'est un travail industriel qui commence maintenant.
Assurer le suivi. La partie visible du forum se joue en octobre. La partie invisible se joue dans les douze mois qui suivent. Relance des contacts, accompagnement des lettres d'intention, structuration des tours de table, sécurisation juridique et fiscale. Sans un suivi rigoureux, les engagements du forum se dissolvent.
Les secteurs cibles prioritaires resteront à préciser dans le programme définitif. Compte tenu du positionnement du territoire, plusieurs filières s'imposent naturellement : tourisme premium (hôtellerie haut de gamme, écotourisme, tourisme d'affaires), énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien, biomasse, géothermie), numérique (services aux entreprises, IA, données), agroalimentaire (transformation de produits locaux, filière rhum, valorisation des produits antillais premium), économie bleue (nautisme, aquaculture, biotechnologies marines), filière rhum et cognac (montée en gamme, exportation, tourisme spiritueux). Chacune correspond à des avantages comparatifs martiniquais réels.
Pour les entreprises martiniquaises qui envisagent de candidater comme porteuses de projets, plusieurs réflexes s'imposent dès maintenant. Prendre contact avec Martinique Développement pour signaler son intention. Structurer un dossier de présentation clair : marché visé, projet, équipe, plan de développement, besoin de financement, retour attendu. Identifier les partenariats complémentaires utiles (technologiques, industriels, commerciaux). Vérifier la conformité administrative (obligations fiscales, sociales, environnementales). Anticiper les exigences des investisseurs internationaux en matière de gouvernance, de transparence, de reporting.
Le pari est ouvert. Un premier forum d'investissement international est toujours un test. Il consacre l'ambition d'un territoire à s'ouvrir davantage aux capitaux extérieurs, ou il révèle l'écart entre l'ambition et la préparation. Rendez-vous en octobre pour le premier verdict, et dans deux à trois ans pour mesurer les retombées effectives.
Cet article vous a plu ?
Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir les prochains directement par email.
Pas de publicité, pas de spam, données jamais revendues.

À lire aussi
Vie chère : le RPPRAC lance sa « guerre d’usure »
oct. 19, 2026
Transports : Yanéo, premier bus à haut niveau de service de Guyane, entre en service à Cayenne pour un coût global de 182 millions d'euros
oct. 19, 2026
CHU de Guadeloupe : un rat met le bloc opératoire à l’arrêt
oct. 16, 2026