La Région Guadeloupe a annoncé le 13 février au Raizet un plan renforcé de vidéoprotection et de sécurisation des 24 lycées, sur fond de violences mortelles.
Une mobilisation institutionnelle face à une série d’homicides a conduit la collectivité régionale à annoncer un déploiement accéléré de la vidéoprotection et un vaste plan de sécurisation des lycées, selon un communiqué de la Région Guadeloupe publié le 13 février 2026 à l’issue d’une réunion avec les forces de l’ordre et les élus.
La collectivité rappelle un contexte d’urgence marqué par « 7 morts en 7 semaines depuis le début de l’année », qui a motivé la réunion convoquée à l’invitation du préfet Thierry Devimeux. Le président Ary Chalus y a affirmé « une mobilisation totale pour faire reculer la violence dans notre archipel ». Cette séquence intervient dans un territoire où la violence criminelle demeure structurellement élevée : le taux d’homicides a atteint 11,5 pour 100 000 habitants en 2025, très au-dessus de celui observé en Hexagone, et 47 homicides ont été enregistrés sur l’année, en hausse de 31 % en un an, selon le bilan de la délinquance présenté en préfecture le 20 février 2026.
Dans ce contexte, la Région annonce devenir « le partenaire clé des communes avec une convention ambitieuse 2025-2030 : 20 % de financement systématique sur tous les projets de vidéoprotection ». Des financements ont déjà été engagés, notamment « 800 000 € pour Pointe-à-Pitre et 119 000 € pour Basse-Terre », ainsi que « plus de 2,1 M€ mobilisés pour de nouveaux réseaux à Morne-à-l’Eau, Le Lamentin, Les Abymes et Saint-François ». Plusieurs communes, dont Baie-Mahault ou Le Moule, disposent déjà de réseaux renforcés, précise la collectivité.
Un plan inédit pour sécuriser les lycées
La seconde priorité affichée concerne les établissements scolaires. La Région indique déployer « un plan de protection sans précédent dans les 24 lycées publics ». L’objectif est « zéro arme » grâce à « l’installation généralisée de portiques détecteurs de métaux (800 000 €) ». En parallèle, « 1,5 M€ » sont consacrés à la sécurisation des périmètres et à la surveillance des établissements jugés prioritaires, notamment Buffon, Juminer, Nicolo, Delgrès et Lacave.
Cette orientation rejoint les constats dressés quelques jours plus tard par l’État : depuis septembre 2025, 44 contrôles ont été menés dans et aux abords des collèges et lycées, permettant la saisie de 69 armes, dont couteaux, cutters et une arme à feu, selon le bilan de la délinquance.
Une stratégie inscrite dans un contexte de violence élevée
La réunion régionale s’inscrit dans une séquence sécuritaire plus large. Le bilan présenté le 20 février souligne que « la Guadeloupe se caractérise par un niveau de délinquance sensiblement supérieur à la moyenne nationale » et que la circulation d’armes à feu, les réseaux criminels et des tensions sociales expliquent la progression des violences graves.
Il note toutefois un « ralentissement significatif » de la hausse de la délinquance depuis fin 2025, avec une progression globale limitée à 4 % en 2025 contre près de 16 % l’année précédente.
Dans ce contexte contrasté, la Région affirme vouloir « agir avec responsabilité et constance aux côtés de l’État et des communes pour restaurer la sérénité en Guadeloupe ». L’État annonce de son côté la poursuite du renforcement des moyens policiers et de la coopération régionale, afin de « restaurer durablement la sécurité et la tranquillité publiques ».
Cet article vous a plu ?
Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir les prochains directement par email.
Pas de publicité, pas de spam, données jamais revendues.

À lire aussi
Choose Outre-mer, le pari des atouts
oct. 03, 2026
Ary Chalus condamné, il fait appel et reste à la Région
oct. 02, 2026
Narcotrafic : le Grand Port verrouille ses quais
oct. 02, 2026