En Guadeloupe, le bilan démographique 2025 de l’Insee confirme la poursuite du recul des naissances, d’une fécondité en baisse et d’un vieillissement désormais très marqué.
La Guadeloupe poursuit son basculement démographique. Dans son bilan 2025 publié le 24 mars, l’Insee décrit un territoire où les naissances continuent de diminuer, où la fécondité recule encore et où le vieillissement de la population s’accentue. Si la mortalité baisse pour la troisième année consécutive et si l’espérance de vie progresse, ces évolutions ne suffisent pas à compenser la faiblesse de la natalité ni le déficit naturel désormais installé. L’institut résume ainsi une dynamique où les déséquilibres de fond prennent le pas sur les améliorations conjoncturelles.

En 2025, 3 388 enfants sont nés en Guadeloupe, soit 220 de moins qu’en 2024. L’archipel enregistre ainsi une baisse de 6,1 % sur un an, l’une des plus fortes observées parmi les régions françaises. L’Insee souligne que cette diminution n’est pas nouvelle : elle s’inscrit dans une tendance engagée depuis le début des années 2000, au point que la Guadeloupe compte aujourd’hui deux fois moins de naissances qu’il y a vingt-cinq ans. Le taux de natalité atteint désormais 8,6 ‰, contre 9,4 ‰ en 2024, un niveau inférieur à celui de la France métropolitaine (9,2 ‰) et parmi les plus faibles des départements et régions d’outre-mer.
Cette érosion tient d’abord à la diminution du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants. Entre 2000 et 2021, la population des femmes âgées de 20 à 40 ans a chuté de 33 %, dans un contexte marqué notamment par le départ de nombreux jeunes adultes pour les études ou l’emploi. Mais l’Insee observe aussi un décrochage plus récent : entre 2021 et 2025, cette population ne baisse plus que de 2 %, alors que les naissances chutent encore de 22 %. Autrement dit, la seule structure démographique ne suffit plus à expliquer le phénomène.
Une fécondité en net recul
Ce basculement se lit dans l’indicateur conjoncturel de fécondité, tombé à 165 enfants pour 100 femmes en 2025, contre 211 en 2021. Il reste supérieur à celui de la France métropolitaine (154), mais s’éloigne du seuil de renouvellement des générations, fixé autour de 210 enfants pour 100 femmes. Le taux de fécondité atteint quant à lui 4,2 naissances pour 100 femmes de 15 à 50 ans, contre 5,0 en 2015, soit son niveau le plus bas de la dernière décennie.
Les femmes de 25 à 34 ans restent les plus fécondes, mais ce sont aussi leurs taux qui se replient nettement. En dix ans, ils sont passés de 10,9 à 8,7 enfants pour 100 femmes chez les 25-29 ans, et de 11,1 à 8,9 chez les 30-34 ans. Le recul est encore plus marqué chez les plus jeunes : chez les 15-24 ans, la fécondité chute de 44,1 % sur la décennie. Cette évolution s’accompagne d’un léger report de l’âge des maternités : l’âge moyen à l’accouchement passe de 29,7 ans en 2015 à 30,4 ans en 2025.
Un vieillissement toujours plus visible
La mortalité recule, mais elle reste élevée. En 2025, 3 661 personnes sont décédées en Guadeloupe, soit 178 de moins qu’en 2024. Le taux de mortalité redescend à 9,4 ‰, après plusieurs années de tension, et l’espérance de vie progresse à 78,1 ans pour les hommes et 84,7 ans pour les femmes. Malgré cela, les décès restent plus nombreux que les naissances : le solde naturel s’établit à -273, après -231 en 2024. La Guadeloupe enregistre ainsi une deuxième année consécutive de déficit naturel.
Le vieillissement s’impose donc comme le trait le plus structurant de ce bilan. Au 1er janvier 2026, les 60 ans et plus représentent 34 % de la population guadeloupéenne, soit 11 points de plus qu’il y a dix ans. La Guadeloupe demeure ainsi la deuxième région française la plus âgée, derrière la Martinique. Dans le même temps, la part des moins de 25 ans continue de reculer, passant de 32 % en 2016 à 26 % en 2026. L’Insee souligne que cette évolution est alimentée à la fois par la faiblesse des naissances, l’allongement de la durée de vie et un solde migratoire durablement déficitaire. Dans ce contexte, les 900 mariages célébrés en 2025, en légère baisse, apparaissent presque comme un indicateur secondaire face à une transformation démographique désormais bien installée.
Cet article vous a plu ?
Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir les prochains directement par email.
Pas de publicité, pas de spam, données jamais revendues.

À lire aussi
Choose Outre-mer, le pari des atouts
oct. 03, 2026
Ary Chalus condamné, il fait appel et reste à la Région
oct. 02, 2026
Narcotrafic : le Grand Port verrouille ses quais
oct. 02, 2026