Le nombre de défaillances d'entreprises a plus que doublé en Guyane en un an. 124 procédures collectives ouvertes en 2025 contre 55 en 2024.
L'Institut d'émission des départements d'outre-mer le confirme dans sa lettre de décembre 2025 : la dynamique de défaillances entamée fin 2024 ne se calme pas, elle s'aggrave.
Le rythme est encore plus brutal vu sur trois mois. Au premier trimestre 2025, la variation annuelle des défaillances guyanaises atteignait + 285 %. Le territoire concentrait alors la croissance la plus rapide de tout l'outre-mer, qui lui-même progressait deux fois plus vite que la moyenne hexagonale. Pour la Guyane, ce n'est pas une fluctuation conjoncturelle. C'est un changement de régime.
Pourquoi maintenant : l'écho retardé du Covid
Les économistes de l'IEDOM le formulent sans détour : la flambée de 2025 s'explique d'abord par les entreprises maintenues à flot pendant la pandémie via les dispositifs publics, Prêt garanti par l'État (PGE) en tête, qui arrivent désormais à leurs échéances de remboursement. Quand la trésorerie ne suit plus, le tribunal mixte de commerce de Cayenne reçoit le dossier.
Le PGE a été un dispositif national massif et indifférencié. Il a sauvé des entreprises viables, mais aussi maintenu en activité des structures qui auraient sans lui basculé en 2020 ou 2021. Avec le déclenchement obligatoire des remboursements, l'effet rattrapage joue à plein. La spécificité guyanaise tient à la combinaison de cette mécanique nationale avec un tissu local plus fragile : entreprises de petite taille, marges étroites, dépendance aux marchés publics et aux dispositifs d'aide territorialisés.
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