Santé publique France a publié le 16 juillet 2026 son bulletin hebdomadaire de surveillance sanitaire en Guyane. La circulation du chikungunya se maintient et se concentre désormais dans les zones d'orpaillage du sud du territoire (secteur Savanes). Le CHU de Guyane maintient une charge élevée sur ses trois sites. La bronchiolite reste active. Signaux à intégrer pour les employeurs, les écoles et les structures de santé.
Dix-sept jours après le franchissement de la barre des 1 000 cas confirmés, l'épidémie de chikungunya en Guyane reste active. Selon le bulletin de surveillance sanitaire publié par Santé publique France le 16 juillet 2026, la circulation du virus se poursuit sans amorce de repli. Les cas confirmés en cumul depuis fin janvier ont franchi la barre symbolique du millier, et les nouvelles contaminations se concentrent désormais dans les zones les plus au sud du territoire, en particulier les zones d'orpaillage du secteur Savanes.
Ce déplacement géographique n'est pas anodin. Les zones d'orpaillage — légal comme illégal — combinent plusieurs facteurs propices à la circulation vectorielle : concentration humaine sur des sites isolés, réservoirs d'eau stagnante liés à l'activité (mares résiduelles, réservoirs de carburant, campements précaires), difficulté d'accès pour les campagnes de démoustication, réactivité limitée des dispositifs sanitaires. Pour les opérateurs miniers légaux qui interviennent dans ces secteurs, l'enjeu est double : protection sanitaire de leurs équipes et maintien de la productivité.
Sur le plan hospitalier, la charge reste élevée. Les trois sites du CHU de Guyane (Cayenne, Kourou, Saint-Laurent) continuent de gérer un flux hebdomadaire de patients hospitalisés pour chikungunya. Depuis le début de l'année, 174 hospitalisations ont été recensées, avec une proportion inquiétante de formes sévères (autour de 8 %). La cohabitation avec la bronchiolite, qui reste active dans les services de pédiatrie et d'urgences, complexifie la gestion des flux.
Pour les acteurs économiques guyanais, plusieurs signaux à retenir.
Pour les employeurs, la mise à jour du document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) pour intégrer le risque vectoriel reste d'actualité. Communication aux salariés sur les protections individuelles (répulsifs, vêtements couvrants), aménagement des horaires quand possible pour éviter les pics d'activité des moustiques, anticipation de l'absentéisme lié aux formes chroniques (les douleurs articulaires peuvent persister plusieurs mois).
Pour les exploitants de sites en zone d'orpaillage ou en zones agricoles humides, la lutte anti-vectorielle sur site (élimination des gîtes larvaires, campagnes de démoustication ciblées, coordination avec les services d'ARS) est un devoir immédiat. Le coût de cette prévention est marginal comparé au coût d'une équipe partiellement immobilisée par la maladie.
Pour les acteurs touristiques (hôtels, écolodges, prestataires d'activités nature), la communication aux clients doit être transparente : mention des risques, mesures de prévention proposées, informations sur les zones à éviter éventuellement. La confiance de la clientèle passe par la lucidité, pas par le silence.
Pour la filière santé guyanaise, la persistance du chikungunya au T3 alimente la réflexion sur les moyens à long terme : renforcement des équipes soignantes, dispositifs télémédecine pour les communes de l'intérieur, plans de vaccination ciblés (ARS Guyane vise un stock permanent de 1 000 doses). La stratégie vaccinale validée par la Haute Autorité de santé continue de se déployer.
Le pic saisonnier n'est pas encore passé. La fin de l'année 2026 est classée comme période à risque continue, la biologie du moustique Aedes aegypti étant sensible aux conditions climatiques encore chaudes et humides du T3 et du T4. Le seuil des 1 500 cas confirmés pourrait être atteint avant la fin de l'année si la trajectoire actuelle se maintient.
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