91 % des chefs d'entreprise du BTP guadeloupéen sont inquiets pour l'avenir selon l'enquête Qualistat de fin 2025. Le secteur subit la convergence de trois facteurs : la fermeture de la carrière de Deshaies qui prive l'île de 1,6 million de tonnes d'agrégats par an, l'entrée en vigueur du Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières européen qui frappe les importations stratégiques, et le recul marqué de la commande publique. Pour la première fois depuis longtemps, le BTP local détruit de l'emploi au lieu d'en créer.
C'est le secteur économique le plus inquiet de Guadeloupe, et de loin. L'enquête Qualistat menée fin 2025 auprès de 300 entreprises guadeloupéennes a établi le diagnostic sans détour : 81 % des chefs d'entreprise interrogés se disent inquiets pour l'avenir de leur activité, mais le chiffre grimpe à 91 % dans le BTP. 69 % des dirigeants gèlent les embauches, plus de la moitié (52 %) stoppent tout investissement, et près d'une entreprise sur deux est totalement à l'arrêt sur les recrutements ou les dépenses d'expansion.
La traduction comptable est arrivée. L'IEDOM a documenté en 2025 une hausse de 44,3 % des défaillances d'entreprises en Guadeloupe, le BTP étant en première ligne. Et, plus structurellement encore, le bilan emploi du secteur est passé en territoire négatif. Pour la première fois depuis longtemps, le BTP guadeloupéen détruit de l'emploi au lieu d'en créer. Trois facteurs convergent pour expliquer ce retournement.
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