Le vendredi 17 juillet 2026, la CTM annonce par communiqué que Bénédicte di Geronimo quitte la présidence du Comité martiniquais du tourisme (CMT), poste qu'elle occupait depuis juillet 2021. Motif officiel : se consacrer entièrement à ses missions au sein de la CTM, notamment sur le volet des fonds européens. Son successeur, Alexandre Ventadour, prend la relève dans un contexte touristique contrasté : croissance mesurée, tension sur les infrastructures, débats sur le positionnement.
Quatre ans à la tête du Comité martiniquais du tourisme. Bénédicte di Geronimo passe la main. Le communiqué de la Collectivité territoriale de Martinique daté du vendredi 17 juillet 2026 est sobre. Motif invoqué pour son départ : la volonté de se consacrer pleinement aux missions qui lui sont confiées au sein de la CTM, particulièrement sur le dossier des fonds européens. Son successeur : Alexandre Ventadour, dont la nomination prend effet immédiatement.
Le changement à la tête du CMT n'est pas neutre. Le Comité, structure d'accompagnement et de promotion de la destination Martinique, joue un rôle central dans l'articulation entre acteurs publics et opérateurs privés du tourisme. Sa présidence est une position de rayonnement et de coordination, avec des enjeux politiques et économiques significatifs.
L'héritage laissé par di Geronimo est celui d'une structuration en profondeur de la filière. Sous sa présidence, le CMT a modernisé ses outils de promotion, engagé une politique de captation de la clientèle nord-américaine (avec des résultats visibles : +42,3 % de nuitées étrangères au T1 2026 selon l'INSEE), soutenu l'émergence d'événements structurants (Tour des Yoles rondes, cap Excellence, croisière), accompagné la reconquête du marché international post-crise sanitaire. Le bilan n'est pas mince.
Il est aussi contrasté. Les mêmes années ont vu la Martinique perdre plusieurs positions sur le marché de la croisière face à ses concurrents caribéens (Bahamas, Dominique, République dominicaine). La question du positionnement (tourisme de masse vs tourisme premium, tourisme balnéaire vs écotourisme, tourisme d'affaires vs tourisme culturel) est restée sans réponse consensuelle. La difficulté à moderniser certains sites hôteliers (Le Marouba au Carbet, Hôtel-Club des Trois-Îlets) illustre les blocages structurels du secteur.
Pour Alexandre Ventadour, le mandat qui s'ouvre est chargé. Trois chantiers structurants s'imposent d'emblée.
Renouveler la promotion internationale. Le repositionnement de la destination Martinique passe par une communication ajustée aux marchés cibles : Amérique du Nord (Canada, États-Unis), Europe hors France (Royaume-Uni, Allemagne, Scandinavie), voisinage caribéen (dans le sillage de l'adhésion CARICOM d'avril 2026). Chaque marché a ses codes, ses circuits de distribution, ses attentes.
Piloter les grands rendez-vous 2026-2027. Le forum Invest in Martinique des 14-17 octobre 2026, événement inédit organisé par Martinique Développement, mobilisera partiellement le CMT sur son volet international. La saison touristique hivernale 2026-2027 (novembre-avril) sera un test grandeur nature du repositionnement.
Repositionner l'offre. Si la Martinique veut monter en gamme, il faut aligner l'offre : hébergements haut de gamme (avec les projets de reprise des friches hôtelières évoqués depuis plusieurs mois), gastronomie premium, expériences culturelles et écotouristiques structurées, gestion de l'accueil international (transport, information multilingue, sécurité). Le rôle du CMT est de fédérer les acteurs autour de cette ambition.
Pour les acteurs privés du tourisme martiniquais (hôteliers, restaurateurs, agences réceptives, guides, prestataires d'activités), le changement à la tête du CMT est un moment d'attention. Chaque nouveau président imprime sa marque : sur la programmation événementielle, sur les priorités de promotion, sur les dispositifs d'aide et d'accompagnement. Ventadour aura à installer sa méthode dans les prochains mois.
Pour Bénédicte di Geronimo, la nouvelle donne est celle d'un recentrage sur les fonds européens. Dossier stratégique : la programmation 2021-2027 arrive dans sa phase intermédiaire de bilan, la préparation de la programmation 2028-2034 s'engage à Bruxelles. Sa mission dans ce cadre pèsera lourd pour la trajectoire d'investissement du territoire.
Le changement se fait sans crise apparente. Ce qui laisse penser à une transition maîtrisée. Reste à voir comment Ventadour va s'inscrire dans ses fonctions, quelles orientations il annoncera, et si la continuité prévaudra ou si un souffle nouveau viendra bousculer les équilibres actuels du CMT.
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