La Société publique locale d'aménagement du Centre littoral (SPLACL), portée par la CACL, est la première SPL en outre-mer entièrement dédiée à la lutte contre l'habitat indigne et informel. Sept collectivités actionnaires (Cayenne, Matoury, Macouria, Rémire-Montjoly, Montsinéry-Tonnégrande, Roura, CACL) réunies autour d'un outil opérationnel. Gouvernance 2026-2032 installée le 20 juillet : Gilles Adelson président, Sandra Trochimara vice-présidente, Laurent Acélor directeur général. Un dispositif structurant pour un enjeu social et économique majeur.
Une SPL, sept collectivités, une mission : lutter contre l'habitat indigne et informel. La SPLACL (Société publique locale d'aménagement du Centre littoral) est un outil sans équivalent dans les outre-mer français. Créée par la CACL (Communauté d'agglomération du Centre littoral) en 2025, elle est la première SPL dédiée à cette mission dans les territoires ultramarins. Sa nouvelle gouvernance, pour la mandature 2026-2032, a été installée le lundi 20 juillet 2026.
L'attelage institutionnel réunit sept collectivités actionnaires : les six communes membres de la CACL (Cayenne, Matoury, Macouria, Rémire-Montjoly, Montsinéry-Tonnégrande, Roura) et la CACL elle-même. Gilles Adelson a été élu président. Sandra Trochimara (maire de Cayenne et présidente de la CACL) exerce la vice-présidence. Laurent Acélor, responsable habitat à la CACL, prend la direction générale.
Le sujet de fond est structurant. Selon les estimations disponibles, plusieurs milliers de logements guyanais sont classés en habitat indigne ou informel : constructions dépourvues de titres, insalubrité, non-conformité aux normes, absence de raccordement aux réseaux (eau, assainissement, électricité). Enjeu social évident (protection des habitants, dignité, santé publique). Enjeu économique majeur (foncier bloqué, valorisation impossible, tensions sur le marché du logement légal).
La spécificité de la SPLACL, c'est d'être un outil dédié à cette problématique. Là où la plupart des dispositifs traitent l'habitat indigne comme un chapitre parmi d'autres de politiques urbaines plus larges, la SPLACL en fait son cœur de mission. Portage d'opérations d'aménagement, ingénierie technique et juridique, accompagnement des propriétaires en régularisation, résorption des poches d'informalité, relogement des occupants sans titre.
Le format juridique de la SPL apporte plusieurs avantages. Souplesse de gestion par rapport à un service intercommunal classique. Capacité de contractualiser avec des opérateurs privés (constructeurs, bailleurs, opérateurs sociaux) tout en restant sous contrôle public strict. Possibilité de mobiliser des financements variés (fonds propres des actionnaires, subventions, emprunts, éventuellement fonds européens FEDER). Réactivité opérationnelle sur des chantiers longs et sensibles.
Pour les entreprises guyanaises du BTP, la SPLACL représente un débouché structurant à moyen terme. Chaque opération de résorption d'habitat indigne mobilise un panel large : diagnostic, ingénierie, démolition, terrassement, construction, second œuvre, VRD, aménagement paysager. Sur une décennie, la trajectoire ambitieuse portée par la SPLACL peut représenter plusieurs dizaines de millions d'euros de marchés publics accessibles au tissu local.
Pour les bailleurs sociaux et opérateurs de logement guyanais, la SPLACL est un partenaire potentiel sur les phases de relogement et de production de logements neufs conventionnés. La coordination avec les opérateurs historiques (SIG, SEMSAMAR notamment) sera un facteur clé.
Pour la CTG, la SPLACL vient renforcer un dispositif territorial de gestion de l'habitat dans lequel la Collectivité est engagée à d'autres échelles (financement, coordination avec l'État sur le Plan Logement Outre-mer). La bonne articulation avec la SPLACL sera à travailler dans les mois qui viennent.
Reste que la SPLACL a plusieurs défis structurels à relever. Financer ses opérations dans la durée (le foncier informel est souvent peu ou pas valorisable en l'état). Résoudre les questions juridiques complexes (titres de propriété manquants, occupations sans droit ni titre, régimes coutumiers dans certains territoires amérindiens). Accompagner socialement des habitants en situation de fragilité, sans transformer la résorption en éviction pure et simple.
La bascule de mandature ouvre une phase de mise en action. La CACL, à travers Sandra Trochimara, a désormais l'occasion de démontrer qu'une politique d'habitat indigne portée localement, avec des outils dédiés, peut produire des résultats mesurables. Les Guyanais des quartiers concernés jugeront sur pièces.
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