En Guadeloupe et en Martinique, près de 200 000 habitants vivent dans le mal-logement ou l’habitat indigne, selon la Fondation pour le logement des défavorisés en février 2026.
Aux Antilles, la crise du logement s’inscrit dans une réalité plus large touchant l’ensemble des Outre-mer. Dans son rapport publié en février 2026, la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) estime que « plus de 700 000 les personnes […] souffrent du mal-logement ou de l’absence de logement personnel, soit près de 3 habitants ultramarins sur 10 », une proportion « plus intense et plus forte » qu’en Hexagone.
Ces situations reposent sur des facteurs structurels persistants. Les territoires ultramarins cumulent « rareté et coût du foncier, insuffisance de l’ingénierie locale, renchérissement des matériaux, complexité et lenteur des procédures administratives », des contraintes qui « continuent de limiter fortement l’efficacité des politiques mises en œuvre ».
L’habitat indigne y demeure massif : près d’un logement sur cinq dans les Outre-mer est insalubre ou indigne, contre moins de 2 % en Hexagone.
En Martinique, un mal-logement diffus et un parc dégradé
La Martinique compte 102 606 personnes mal logées, soit 29 % de la population. Parmi elles, 78 157 vivent dans des logements marqués par la privation de confort. Le territoire présente aussi un parc fortement dégradé, avec 32 152 logements indignes ou insalubres, soit 19 % des résidences principales.
Ces difficultés s’inscrivent dans un contexte social tendu : 33 % des jeunes de 18 à 25 ans sont sans emploi ni formation et le taux de pauvreté atteint 27 %. Le marché du logement y reste sous pression, avec 220 301 logements dont 77,5 % de résidences principales et des loyers élevés comparables aux zones littorales tendues de l’Hexagone.
En Guadeloupe, l’habitat indigne et l’hébergement contraint dominent
En Guadeloupe, 93 962 personnes sont mal logées, soit un quart de la population. La privation de confort concerne 68 569 habitants, auxquels s’ajoutent 23 134 personnes en hébergement contraint chez des tiers et 1 779 vivant en habitat de fortune. Le territoire compte 22 237 logements indignes ou insalubres, soit 12,5 % des résidences principales, révélant l’ampleur du parc dégradé.
La situation sociale accentue ces difficultés : le taux de pauvreté atteint 34,5 % et les prix de consommation sont supérieurs de 16 % à ceux de l’Hexagone. Le parc compte 237 578 logements dont seulement 75 % de résidences principales, dans un contexte de vacance et de concurrence avec les résidences secondaires.
Aux Antilles, la persistance de l’habitat indigne apparaît ainsi comme « un enjeu majeur », appelant « une réponse renouvelée et ambitieuse des pouvoirs publics » et « une inflexion profonde des représentations et des modes d’intervention à l’égard des Outre-mer ».
La politique du logement reste « largement centrée sur une logique quantitative de production de logements sociaux », au détriment d’une approche globale intégrant « la diversité des modes de vie » et « l’adaptation aux contraintes climatiques ».
Dans les deux territoires, le mal-logement s’impose comme le symptôme d’inégalités sociales profondes et d’un déficit structurel d’offre adaptée, appelant un changement d’échelle durable des politiques publiques.
Cet article vous a plu ?
Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir les prochains directement par email.
Pas de publicité, pas de spam, données jamais revendues.

À lire aussi
Choose Outre-mer, le pari des atouts
oct. 03, 2026
Ary Chalus condamné, il fait appel et reste à la Région
oct. 02, 2026
Narcotrafic : le Grand Port verrouille ses quais
oct. 02, 2026