Le 30 avril 2026, à Saint-Martin, la Collectivité réagit à la liquidation d’Air Antilles, actée le 27 avril, et évoque un échec malgré un engagement financier important.
La liquidation d’Air Antilles, prononcée le 27 avril dernier par le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre, suscite une vive réaction de la Collectivité de Saint-Martin. Deux jours après un communiqué de la cour d’appel de Basse-Terre rappelant que les offres de reprise ont été rejetées « faute de garanties », l’exécutif local a tenu à défendre son action et à exprimer sa déception.
Lors d’une conférence de presse organisée le 30 avril, le président Louis Mussington et ses vice-présidents ont insisté sur l’implication de la collectivité dans ce dossier. « Saint-Martin a fait ce qu’il fallait faire en reprenant la compagnie aérienne Air Antilles pour lutter contre le désenclavement et agir pour la continuité territoriale », ont-ils affirmé.
L’exécutif rappelle avoir porté un projet stratégique pour la région. « Nous avons cru en ce projet, nous nous sommes battus jusqu’au bout pour la connectivité caribéenne », a déclaré Louis Mussington, évoquant « l’ambition de développer des partenariats avec les autres îles et un Hub sur l’aéroport de Grand Case ». Mais « aujourd’hui, le constat est amer », ajoute-t-il, en adressant « une pensée pour les employés d’Air Antilles qui ont cru à ce projet avec nous ».
Un échec aux conséquences économiques
La décision judiciaire constitue « un coup dur » pour la collectivité, qui indique avoir investi 20 millions d’euros dans la reprise de la compagnie. Au-delà de Saint-Martin, Louis Mussington souligne un impact plus large : les Antilles françaises se retrouvent, selon lui, privées « d’une concurrence saine et de dessertes aériennes utiles pour l’économie de nos îles ».
Le premier vice-président Alain Richardson exprime, lui, « une déception et un sentiment d’abandon ». Il regrette l’absence de soutien des autres acteurs publics : « Malgré les efforts, les sacrifices, et les déplacements, ni la région Guadeloupe, ni la Martinique, ni l’Etat, n’ont jugé bon d’accompagner Saint-Martin pour donner une chance à Air Antilles ».
Soutiens rares et insuffisants
Le président salue néanmoins les initiatives de certains acteurs, notamment « le Dr Ste Luce et ceux qui ont compris cette urgence » et « démontré leur solidarité caribéenne » en déposant un plan de reprise. Des démarches qui n’ont pas permis d’éviter la liquidation « sans poursuite d’activité ».
Dans ce contexte, la Collectivité indique qu’elle « suivra avec attention les prochaines étapes placées entre les mains de l’administrateur judiciaire désigné par le tribunal de commerce ». La disparition d’Air Antilles laisse ainsi en suspens la question de la desserte aérienne régionale, au cœur des enjeux de mobilité et de développement économique dans les territoires ultramarins.
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