Une opération d'évacuation et de démolition a été menée le 25 août dans le secteur de Californie, sous l'autorité du préfet de la Martinique. Elle exécute deux décisions de justice, dont un jugement resté lettre morte depuis près de dix ans. La famille qui occupait les lieux a accepté une solution d'hébergement d'urgence.
Une opération d'évacuation et de démolition de constructions implantées sans droit ni titre a eu lieu le 25 août dernier dans le secteur de Californie, au Lamentin, sous l'autorité du préfet de la Martinique. Elle a porté sur un bâtiment édifié à cheval sur deux parcelles distinctes : l'une appartenant à la Chambre de commerce et d'industrie de la Martinique (CCIM), l'autre relevant du domaine public maritime de l'État. L'information a été rendue publique le jour même par la préfecture, dans un communiqué.
Deux décisions de justice fondent cette intervention. Un jugement du tribunal judiciaire de Fort-de-France, rendu le 16 décembre 2016, avait ordonné l'expulsion des occupants, la démolition des constructions et la remise en état du site. Une ordonnance du tribunal administratif de Fort-de-France du 21 juillet dernier a ensuite prescrit l'expulsion des occupants sans droit ni titre du domaine public maritime. Ni l'une ni l'autre n'avaient été appliquées par les occupants.
Hébergement d'urgence accepté
L'opération a mobilisé les services de l'État, la CCIM, la Ville du Lamentin ainsi que les opérateurs et prestataires concernés. Ils ont procédé à l'évacuation des occupants, à la sécurisation du site, à la mise hors service des réseaux, puis à la démolition. La préfecture indique qu'une attention particulière a été portée à la situation de la famille qui occupait illégalement les lieux, avec la mise à disposition d'une solution d'hébergement d'urgence, acceptée. La remise en état du site doit être engagée à l'issue des travaux.
À travers cette opération, le préfet réaffirme « la détermination de l'État à faire respecter les décisions de justice, à protéger le domaine public maritime et à lutter contre les occupations sans droit ni titre », conclut le communiqué.
Le secteur est identifié de longue date. En décembre 2023, une opération conjointe de la Direction de la mer et de la DEAL y avait donné lieu à 32 mises en demeure de quitter ou de régulariser l'occupation du domaine public, visant 21 navires ainsi que 11 baraquements et pontons. Cette zone est concernée par le plan particulier d'intervention de la raffinerie SARA, qui organise la sauvegarde des populations en cas d'accident industriel.
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