Depuis le 5 janvier 2026, la Juridiction interrégionale spécialisée de Fort-de-France est placée sous la coordination du nouveau Parquet national anticriminalité organisée (PNACO), troisième parquet national à voir le jour après le PNAT et le PNF. Dans la zone Antilles-Guyane, près de 30 millions d'euros d'avoirs criminels ont été saisis en 2025, soit dix fois plus qu'en 2023. Pour le procureur général Patrice Cambérou, l'intégration au PNACO ouvre une nouvelle phase dans la lutte contre le narcotrafic et la traite des êtres humains.
C'est une réforme procédurale majeure, restée sous les radars. Le 5 janvier 2026, le Parquet national anticriminalité organisée (PNACO) est entré en fonction. Troisième parquet national créé en France, après le Parquet national antiterroriste (PNAT, 2019) et le Parquet national financier (PNF, 2013), il a pour mission de coordonner l'action des huit Juridictions interrégionales spécialisées (JIRS) du territoire national. Parmi elles, la JIRS de Fort-de-France, compétente pour la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Soit l'ensemble du ressort Antilles-Guyane.
Le signal est fort. En 2025, près de 30 millions d'euros d'avoirs criminels ont été saisis dans la zone Antilles-Guyane, soit dix fois plus qu'en 2023 selon les chiffres communiqués par le procureur général Patrice Cambérou. C'est le résultat d'une montée en puissance de la JIRS, mais aussi de l'évolution méthodologique sur la traque des biens : analyse financière approfondie, coopération internationale renforcée, saisies anticipées dès la phase d'enquête.
Ce que change l'intégration au PNACO
Le PNACO ne se substitue pas aux JIRS. Il les coordonne. Concrètement, le parquet national basé à Paris assure une mission de pilotage stratégique : harmonisation des doctrines entre les huit JIRS, suivi des dossiers d'envergure nationale ou internationale, mutualisation des moyens d'enquête (analyse de réseaux, suivi des flux financiers), gestion des dossiers nécessitant une coordination judiciaire entre plusieurs ressorts. Pour la JIRS de Fort-de-France, l'intégration au PNACO permet de rapprocher des dossiers dispersés entre métropole et outre-mer, et de mieux suivre les ramifications transnationales des réseaux qui irriguent les Antilles et la Guyane.
Pour Patrice Cambérou, cette coordination renforcée facilite la lecture stratégique des trafics. La criminalité organisée antillaise n'est plus une affaire isolée. Elle s'inscrit dans des chaînes qui partent souvent d'Amérique du Sud (cocaïne du Pérou, de Colombie, du Venezuela), transitent par le bassin caribéen (Guadeloupe, Martinique, Sainte-Lucie, Suriname) avant de remonter vers l'Europe via Roissy, Marseille ou Anvers. Sans coordination centralisée, chaque JIRS travaillait sur sa portion. Avec le PNACO, les chaînes peuvent être lues dans leur ensemble.
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