Le 19 février 2026 à Paris, le tribunal correctionnel a condamné Serge Letchimy à 18 mois de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité dans l’affaire de sa retraite.
Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu Serge Letchimy coupable jeudi 19 février dans le dossier de sa retraite administrative, prononçant une peine de « 18 mois de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité », comme le rapporte La 1ère. L’élu martiniquais était jugé pour détournement de fonds publics dans le cadre des conditions de liquidation de sa pension territoriale après sa réintégration à la Ville de Fort-de-France en 2016.
L’article précise toutefois que l’instruction et les débats ont établi que l’élu « n’avait pas occupé d’emploi fictif et faisait bien partie des effectifs de la municipalité de Fort-de-France en 2016 ». Le tribunal a donc écarté cette qualification initiale. Le chef d’inculpation a été requalifié en concussion, c’est-à-dire, selon la définition citée par La 1ère, « le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, de recevoir, exiger ou ordonner de percevoir à titre de droits ou contributions, impôts ou taxes publics, une somme qu’elle sait ne pas être due, ou excéder ce qui est dû ».
Au cœur du dossier figuraient les montants perçus lors de cette période de réintégration administrative. Selon La 1ère, la procédure portait sur « plus de 100 000 euros » de rémunérations et d’avantages liés à la reconstitution de ses droits à pension. Le tribunal a retenu l’infraction de concussion après requalification des faits, tout en prononçant une peine inférieure aux réquisitions du parquet, qui avait demandé deux ans de prison avec sursis.
Trois autres prévenus relaxés
Le jugement distingue la situation de Serge Letchimy de celle des autres protagonistes du dossier. Comme le souligne La 1ère, « le tribunal a relaxé les trois autres prévenus ». Il s’agit de Pascale Lewis, ancienne directrice générale des services de la Ville de Fort-de-France, de José Chouraki, directeur des ressources humaines de la collectivité à l’époque des faits, et de Jean-Claude Ecanvil, cadre administratif impliqué dans la procédure de réintégration. La juridiction n’a retenu aucune responsabilité pénale à leur encontre.
Le tribunal a ainsi considéré que la responsabilité pénale dans la perception indue de sommes liées au dispositif de retraite contesté reposait uniquement sur l’ancien maire de Fort-de-France. L’article rappelle que l’affaire portait sur un mécanisme administratif ayant permis à l’élu de faire valoir ses droits à pension dans la fonction publique territoriale.
Une décision aux conséquences limitées politiquement
La condamnation intervient « trois mois après le procès », indique La 1ère, et à quelques mois d’échéances électorales locales en Martinique. La 1ère précise par ailleurs que la peine d’inéligibilité n’est pas assortie de l’exécution provisoire : « en cas d’appel, Serge Letchimy pourrait conserver son siège ». Cette portée est d’autant plus limitée que l’élu avait déjà annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat à la tête de la Collectivité territoriale de Martinique lors des prochaines élections territoriales prévues cette année.
La décision ouvre désormais la possibilité d’un appel devant la cour d’appel de Paris. Dans l’attente, le président du conseil exécutif de Martinique demeure en fonction, tandis que ce jugement, fondé sur la requalification en concussion de faits liés à la liquidation de sa retraite publique et aux sommes perçues à cette occasion, marque une étape judiciaire importante dans la vie politique de l’île.

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