Sea Shepherd en Guyane : "Une telle pression de pêche illégale ne serait jamais tolérée en Hexagone"

Sea Shepherd en Guyane : "Une telle pression de pêche illégale ne serait jamais tolérée en Hexagone"
Le bateau Sea Sheperd au large des cotes guyanaise. SEA SHEPERD©

L'ONG internationale déploie une vingtaine de personnes et un navire pour lutter contre le pillage des eaux guyanaises. Sa présidente France dénonce un "deux poids, deux mesures" inacceptable.

Une campagne de longue haleine

Sea Shepherd a lancé il y a quelques jours une opération d'envergure au large de la Guyane. Objectif : lutter contre la pêche illégale qui ravage les eaux du département français d'Amérique du Sud. Lamya Essemlali, présidente de la branche française de l'ONG, ne mâche pas ses mots sur la situation.

"C'est d'abord de la présence dissuasive. C'est patrouiller aux frontières et récupérer un maximum de filets et d'engins de pêche illégaux", explique-t-elle. Une vingtaine de personnes sont mobilisées, accompagnées d'un navire capable d'aller "voir un petit peu plus au large ce qui se passe, là où il y a moins de surveillance".

L'ONG prévoit de renforcer ses moyens dans les semaines à venir avec des embarcations plus adaptées aux conditions côtières. "C'est une campagne dans laquelle on veut s'investir dans la durée pour obtenir des résultats probants", précise la présidente.

"Ce serait impensable en métropole"

Le constat de Sea Shepherd est sans appel : la France applique un traitement différencié entre ses côtes métropolitaines et guyanaises. "Ce serait impossible, c'est impensable. Ce serait le branle-bas de combat. Jamais la France ne laisserait faire", affirme Lamya Essemlali.

"On s'interroge sur ce deux-poids-deux-mesures, parce que le territoire guyanais est un territoire français, et donc il y a une souveraineté à faire respecter. On voit un laxisme ou un manque de moyens déployés, qui aboutit à une situation qui ne serait pas possible en Hexagone."

Pas de surveillance la nuit ni le week-end

L'ONG a découvert une faille majeure dans le dispositif de l'État : "On a appris qu'il n'y avait pas de patrouille les week-ends et pas de patrouille la nuit. Donc, il y a une explosion des activités de pêche illégale à ces moments."

Sea Shepherd compte bien combler ce vide. "C'est dans notre modus operandi. Le week-end est une notion très abstraite", ironise la présidente, rappelant que la majorité des équipes sont bénévoles.

Premiers résultats encourageants

Les premières patrouilles ont déjà eu un effet : "Pour l'instant, à chaque fois, les bateaux prennent la fuite", constate Lamya Essemlali. L'ONG se dit néanmoins "préparée à l'éventualité de réactions violentes".

"On n'est pas agressifs de base. Par contre, on est interventionnistes", précise-t-elle, balayant les accusations de violence souvent adressées à l'organisation.

Faire pression sur l'opinion publique

Face à l'ampleur du défi — des dizaines de "tapouilles" (embarcations de pêche illégale) venues principalement du Brésil et du Suriname —, Sea Shepherd mise sur une stratégie éprouvée : médiatiser le problème pour forcer l'État à agir.

"L'opinion publique en Hexagone est déconnectée de ce qui se passe en Guyane. D'expérience, ce qui permet aussi de faire bouger l'État, c'est la pression de l'opinion publique et ça, c'est quelque chose qu'on sait faire."

L'enjeu dépasse la simple protection des ressources halieutiques. Il s'agit aussi de biodiversité : les filets dérivants capturent indistinctement poissons, tortues marines et dauphins. Et de souveraineté : chaque tapouille qui pêche impunément dans les eaux françaises est un aveu d'impuissance de l'État.

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L'ONG internationale déploie une vingtaine de personnes et un navire pour lutter contre le pillage des eaux guyanaises. Sa présidente France dénonce un "deux poids, deux mesures" inacceptable.

Une campagne de longue haleine

Sea Shepherd a lancé il y a quelques jours une opération d'envergure au large de la Guyane. Objectif : lutter contre la pêche illégale qui ravage les eaux du département français d'Amérique du Sud. Lamya Essemlali, présidente de la branche française de l'ONG, ne mâche pas ses mots sur la situation.

"C'est d'abord de la présence dissuasive. C'est patrouiller aux frontières et récupérer un maximum de filets et d'engins de pêche illégaux", explique-t-elle. Une vingtaine de personnes sont mobilisées, accompagnées d'un navire capable d'aller "voir un petit peu plus au large ce qui se passe, là où il y a moins de surveillance".

L'ONG prévoit de renforcer ses moyens dans les semaines à venir avec des embarcations plus adaptées aux conditions côtières. "C'est une campagne dans laquelle on veut s'investir dans la durée pour obtenir des résultats probants", précise la présidente.

"Ce serait impensable en métropole"

Le constat de Sea Shepherd est sans appel : la France applique un traitement différencié entre ses côtes métropolitaines et guyanaises. "Ce serait impossible, c'est impensable. Ce serait le branle-bas de combat. Jamais la France ne laisserait faire", affirme Lamya Essemlali.

"On s'interroge sur ce deux-poids-deux-mesures, parce que le territoire guyanais est un territoire français, et donc il y a une souveraineté à faire respecter. On voit un laxisme ou un manque de moyens déployés, qui aboutit à une situation qui ne serait pas possible en Hexagone."

Pas de surveillance la nuit ni le week-end

L'ONG a découvert une faille majeure dans le dispositif de l'État : "On a appris qu'il n'y avait pas de patrouille les week-ends et pas de patrouille la nuit. Donc, il y a une explosion des activités de pêche illégale à ces moments."

Sea Shepherd compte bien combler ce vide. "C'est dans notre modus operandi. Le week-end est une notion très abstraite", ironise la présidente, rappelant que la majorité des équipes sont bénévoles.

Premiers résultats encourageants

Les premières patrouilles ont déjà eu un effet : "Pour l'instant, à chaque fois, les bateaux prennent la fuite", constate Lamya Essemlali. L'ONG se dit néanmoins "préparée à l'éventualité de réactions violentes".

"On n'est pas agressifs de base. Par contre, on est interventionnistes", précise-t-elle, balayant les accusations de violence souvent adressées à l'organisation.

Faire pression sur l'opinion publique

Face à l'ampleur du défi — des dizaines de "tapouilles" (embarcations de pêche illégale) venues principalement du Brésil et du Suriname —, Sea Shepherd mise sur une stratégie éprouvée : médiatiser le problème pour forcer l'État à agir.

"L'opinion publique en Hexagone est déconnectée de ce qui se passe en Guyane. D'expérience, ce qui permet aussi de faire bouger l'État, c'est la pression de l'opinion publique et ça, c'est quelque chose qu'on sait faire."

L'enjeu dépasse la simple protection des ressources halieutiques. Il s'agit aussi de biodiversité : les filets dérivants capturent indistinctement poissons, tortues marines et dauphins. Et de souveraineté : chaque tapouille qui pêche impunément dans les eaux françaises est un aveu d'impuissance de l'État.

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