Le 9 février 2026, l’IEDOM publie une étude sur les marges dans la chaîne de distribution alimentaire en Martinique, à partir des données 2023, comparées à l’Hexagone.
Les prix alimentaires restent nettement plus élevés en Martinique qu’en Hexagone. Le 9 février 2026, l’Institut d’émission des départements d’outre-mer publie une étude intitulée Analyse des marges dans la chaîne de la distribution alimentaire en Martinique, fondée sur les données comptables de 2023. L’IEDOM, qui exerce des missions de banque centrale et d’observation économique dans les territoires ultramarins, y examine la rentabilité des entreprises intervenant dans la chaîne alimentaire afin d’éclairer la formation des prix.
L’étude rappelle d’abord que « les prix à la consommation alimentaires étaient 40 % plus élevés en Martinique que dans l’Hexagone en 2022, et la dynamique inflationniste récente n’a pas inversé la tendance ». Dans ce contexte, l’analyse porte sur le commerce de détail, le commerce de gros et la logistique.
Dans le commerce alimentaire de détail, l’IEDOM observe que les marges sont globalement proches de celles constatées en Hexagone. Elles « sont équivalentes pour les grandes surfaces et plutôt inférieures pour les petites et les commerces spécialisés ». L’institut précise que cette situation s’explique par « le poids plus élevé des achats de marchandises dans leur chiffre d’affaires », qui « obère » la rentabilité, mais aussi par un « poids moindre de leurs charges salariales » par rapport à l’Hexagone.
Dans le commerce alimentaire de gros, les écarts apparaissent limités. Les entreprises martiniquaises « bénéficient de dépenses d’approvisionnement dont le poids est nettement plus faible par rapport à l’Hexagone », ce qui contribue à des marges légèrement supérieures.
Des marges contrastées selon les segments
L’étude distingue toutefois le secteur de la logistique, sans pouvoir isoler strictement l’alimentaire du non alimentaire. Dans ce champ, « les entreprises martiniquaises dégagent des taux de valeur ajoutée bien plus élevés, de nature à contribuer à la vie chère ». L’IEDOM indique cependant que cette valeur ajoutée est « entièrement absorbée par des dépenses de personnel dont le poids est bien plus important que dans l’Hexagone », de sorte que le taux d’excédent brut d’exploitation demeure « peu différent ».
Des données non consolidées
L’institut souligne enfin les limites de son approche. L’analyse repose sur des « données comptables non consolidées », permettant d’isoler les entités de distribution alimentaire au sein de groupes, mais ne retrace pas l’ensemble des flux internes susceptibles d’influer sur la rentabilité réelle des activités.
À travers ces constats sectoriels, l’IEDOM met en lumière des marges qui ne sont pas systématiquement plus élevées qu’en Hexagone, tout en pointant des spécificités structurelles qui alimentent le débat sur la formation des prix alimentaires en Martinique.

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