Portiques détecteurs de métaux dans les lycées : la Région investit 2,3 millions d'euros face à l'insécurité

Portiques détecteurs de métaux dans les lycées : la Région investit 2,3 millions d'euros face à l'insécurité
Détecteur de métal, image d'illustration.

Sept morts en sept semaines. Face à la recrudescence des violences, la Région Guadeloupe annonce des investissements massifs dans la sécurité des établissements scolaires et le déploiement de la vidéoprotection sur le territoire.

La réunion s'est tenue vendredi 13 février à l'Espace régional du Raizet, à l'initiative du préfet Thierry Devimeux. Autour de la table : le président de Région Ary Chalus, les représentants de l'État, des forces de l'ordre et des collectivités. Ordre du jour : la sécurité de l'archipel.

Le contexte est grave. Depuis le début de l'année, sept personnes ont perdu la vie en Guadeloupe dans des circonstances violentes. Fusillades, règlements de comptes, agressions mortelles, le territoire accumule les drames. Et la question de la sécurité devient centrale dans le débat public.

800 000 euros pour des portiques dans les lycées

Face à cette situation, la Région Guadeloupe a décidé d'agir sur un terrain qu'elle maîtrise : les établissements scolaires. Un budget de 800 000 euros est dédié à l'installation de portiques détecteurs de métaux dans les 24 lycées publics du territoire.

L'objectif : contrôler les accès et empêcher l'introduction d'armes blanches ou d'objets dangereux dans les établissements. Une mesure qui rappelle les dispositifs en vigueur dans certains lycées de métropole, notamment en région parisienne.

En complément, 1,5 million d'euros sont alloués au renforcement des clôtures et à l'amélioration de la surveillance des flux dans plusieurs établissements identifiés comme prioritaires : les lycées Buffon, Juminer, Nicolo, Delgrès et Lacavé, notamment.

La vidéoprotection se déploie

Au-delà des lycées, la Région investit massivement dans la vidéoprotection des espaces publics. Une convention couvrant la période 2025-2030 prévoit un financement régional à hauteur de 20 % des projets communaux éligibles.

À Pointe-à-Pitre, 800 000 euros sont consacrés au renouvellement et à l'extension du parc de caméras. La capitale économique de l'archipel, régulièrement touchée par des faits de violence, est en première ligne.

À Basse-Terre, un soutien de plus de 119 000 euros a été annoncé. D'autres communes bénéficient également d'un accompagnement financier : Baie-Mahault, Vieux-Habitants, Le Moule, Deshaies et Vieux-Fort.

Surtout, plus de 2,1 millions d'euros sont mobilisés pour le déploiement de nouveaux dispositifs à Morne-à-l'Eau, Le Lamentin, Les Abymes et Saint-François. L'objectif affiché : « assurer une continuité de la surveillance entre zones urbaines et rurales ».

Une réponse à la hauteur ?

Ces investissements s'inscrivent dans une « démarche de coopération entre l'État et les collectivités locales », selon le communiqué officiel. Mais suffisent-ils face à l'ampleur du problème ?

Les chiffres sont accablants. Selon les données rappelées récemment par le directeur des IEDOM-IEOM, les Outre-mer, qui ne représentent que 4 % de la population française, concentrent 30 % des homicides et tentatives d'homicides commis en France. Et 50 % de la cocaïne saisie sur le territoire national le sont dans la zone Antilles-Guyane.

La vidéoprotection et les portiques détecteurs de métaux ne répondent qu'à une partie du problème. Ils permettent de sécuriser des espaces définis, de dissuader certains comportements, de faciliter les enquêtes après les faits. Mais ils ne traitent pas les causes profondes de la violence : chômage, précarité, trafics, défaillance des services publics.

Les syndicats enseignants et les associations de parents d'élèves accueilleront probablement ces mesures avec prudence. D'un côté, elles répondent à une demande de sécurisation des établissements. De l'autre, elles posent la question du climat scolaire : transformer les lycées en zones sous surveillance permanente, est-ce la bonne réponse ?

Une coordination renforcée

La réunion de vendredi avait aussi pour objectif de « coordonner les actions entre l'État et les collectivités ». Car la sécurité est d'abord une compétence régalienne : police, gendarmerie, justice relèvent de l'État.

Les collectivités, elles, peuvent agir sur la prévention, l'aménagement urbain, la vidéoprotection. Mais elles ne disposent pas des moyens de coercition nécessaires pour lutter contre le narcotrafic ou les réseaux criminels.

Cette réunion marque donc une volonté de travailler ensemble. Reste à voir si cette coordination se traduira par des résultats concrets sur le terrain. Pour l'heure, les habitants de Guadeloupe attendent des actes et un retour au calme.

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Table des matières

Sept morts en sept semaines. Face à la recrudescence des violences, la Région Guadeloupe annonce des investissements massifs dans la sécurité des établissements scolaires et le déploiement de la vidéoprotection sur le territoire.

La réunion s'est tenue vendredi 13 février à l'Espace régional du Raizet, à l'initiative du préfet Thierry Devimeux. Autour de la table : le président de Région Ary Chalus, les représentants de l'État, des forces de l'ordre et des collectivités. Ordre du jour : la sécurité de l'archipel.

Le contexte est grave. Depuis le début de l'année, sept personnes ont perdu la vie en Guadeloupe dans des circonstances violentes. Fusillades, règlements de comptes, agressions mortelles, le territoire accumule les drames. Et la question de la sécurité devient centrale dans le débat public.

800 000 euros pour des portiques dans les lycées

Face à cette situation, la Région Guadeloupe a décidé d'agir sur un terrain qu'elle maîtrise : les établissements scolaires. Un budget de 800 000 euros est dédié à l'installation de portiques détecteurs de métaux dans les 24 lycées publics du territoire.

L'objectif : contrôler les accès et empêcher l'introduction d'armes blanches ou d'objets dangereux dans les établissements. Une mesure qui rappelle les dispositifs en vigueur dans certains lycées de métropole, notamment en région parisienne.

En complément, 1,5 million d'euros sont alloués au renforcement des clôtures et à l'amélioration de la surveillance des flux dans plusieurs établissements identifiés comme prioritaires : les lycées Buffon, Juminer, Nicolo, Delgrès et Lacavé, notamment.

La vidéoprotection se déploie

Au-delà des lycées, la Région investit massivement dans la vidéoprotection des espaces publics. Une convention couvrant la période 2025-2030 prévoit un financement régional à hauteur de 20 % des projets communaux éligibles.

À Pointe-à-Pitre, 800 000 euros sont consacrés au renouvellement et à l'extension du parc de caméras. La capitale économique de l'archipel, régulièrement touchée par des faits de violence, est en première ligne.

À Basse-Terre, un soutien de plus de 119 000 euros a été annoncé. D'autres communes bénéficient également d'un accompagnement financier : Baie-Mahault, Vieux-Habitants, Le Moule, Deshaies et Vieux-Fort.

Surtout, plus de 2,1 millions d'euros sont mobilisés pour le déploiement de nouveaux dispositifs à Morne-à-l'Eau, Le Lamentin, Les Abymes et Saint-François. L'objectif affiché : « assurer une continuité de la surveillance entre zones urbaines et rurales ».

Une réponse à la hauteur ?

Ces investissements s'inscrivent dans une « démarche de coopération entre l'État et les collectivités locales », selon le communiqué officiel. Mais suffisent-ils face à l'ampleur du problème ?

Les chiffres sont accablants. Selon les données rappelées récemment par le directeur des IEDOM-IEOM, les Outre-mer, qui ne représentent que 4 % de la population française, concentrent 30 % des homicides et tentatives d'homicides commis en France. Et 50 % de la cocaïne saisie sur le territoire national le sont dans la zone Antilles-Guyane.

La vidéoprotection et les portiques détecteurs de métaux ne répondent qu'à une partie du problème. Ils permettent de sécuriser des espaces définis, de dissuader certains comportements, de faciliter les enquêtes après les faits. Mais ils ne traitent pas les causes profondes de la violence : chômage, précarité, trafics, défaillance des services publics.

Les syndicats enseignants et les associations de parents d'élèves accueilleront probablement ces mesures avec prudence. D'un côté, elles répondent à une demande de sécurisation des établissements. De l'autre, elles posent la question du climat scolaire : transformer les lycées en zones sous surveillance permanente, est-ce la bonne réponse ?

Une coordination renforcée

La réunion de vendredi avait aussi pour objectif de « coordonner les actions entre l'État et les collectivités ». Car la sécurité est d'abord une compétence régalienne : police, gendarmerie, justice relèvent de l'État.

Les collectivités, elles, peuvent agir sur la prévention, l'aménagement urbain, la vidéoprotection. Mais elles ne disposent pas des moyens de coercition nécessaires pour lutter contre le narcotrafic ou les réseaux criminels.

Cette réunion marque donc une volonté de travailler ensemble. Reste à voir si cette coordination se traduira par des résultats concrets sur le terrain. Pour l'heure, les habitants de Guadeloupe attendent des actes et un retour au calme.

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