Coordonné par le CAR SPAW, service de la DEAL Guadeloupe, un rapport rendu public en décembre 2025 dresse un état des lieux préoccupant des récifs coralliens des Caraïbes sur plus de cinquante ans.
Les récifs coralliens des Caraïbes connaissent une dégradation rapide et continue. Comme l’indique la DEAL Guadeloupe dans un communiqué daté du 6 janvier 2026, le rapport intitulé « État et tendances des récifs coralliens caribéens : 1970–2024 » a été rendu public le 9 décembre 2025. Coordonné par le CAR SPAW, il repose sur un travail collectif de grande ampleur, le document ayant été « compilé par plus de 200 scientifiques de 44 pays et territoires » et basé sur « près de 14 000 sites suivis entre 1970 et 2024 ». Il constitue ainsi « l’évaluation la plus complète à ce jour ».
Les résultats mettent en évidence une dégradation marquée des récifs au cours des dernières décennies. Le rapport souligne que « la couverture en coraux durs a diminué de 48 % entre 1980 et 2024 », avec des pertes particulièrement importantes lors d’épisodes de stress thermique. Trois années sont identifiées comme critiques, avec des déclins de « -9 % en 1998 », « -17,1 % en 2005 » et « -16,9 % en 2023 », liés à des phénomènes de blanchissement.
L’évolution des récifs ne concerne pas seulement leur surface mais aussi leur structure. Le document observe que « l’assemblage des coraux a évolué vers des espèces plus massives », ce qui entraîne une « réduction de la complexité structurelle des récifs ». Parallèlement, « la couverture en microalgues a augmenté de 85 % », une tendance attribuée au « déclin des herbivores (poissons perroquets, oursins) et à l’augmentation des nutriments ».
Pressions climatiques et humaines croissantes
Le rapport met également en relation l’état des récifs avec l’évolution des conditions environnementales et démographiques. Il indique que « la température moyenne de surface de la mer a augmenté de +1,07 °C entre 1985 et 2024, soit +0,27 °C par décennie ». À cette pression climatique s’ajoute une pression humaine accrue, la population vivant à proximité des récifs ayant fortement progressé. Le document précise que « la population vivant à moins de 20 km des récifs a augmenté de 27,6 % entre 2000 et 2020 », soit « 13 millions de personnes supplémentaires ».
Malgré ces constats, les récifs caribéens conservent une importance mondiale. Le rapport rappelle qu’ils « couvrent 24 230 km², soit 9,7 % des récifs coralliens mondiaux », soulignant ainsi l’enjeu global de leur préservation.
Des axes prioritaires pour renforcer la résilience
Face à cette situation, le rapport propose « cinq axes prioritaires pour renforcer la résilience des récifs ». Il s’agit notamment « d’intégrer les récifs dans les stratégies nationales sur le climat et la biodiversité », de « réduire les pressions locales et les émissions de gaz à effet de serre », de « renforcer la gestion des aires marines protégées », de « maintenir et améliorer le suivi des récifs coralliens » et de « soutenir la restauration évolutive des coraux ».
La DEAL Guadeloupe souligne enfin que « les récifs caribéens représentent un signal d’alarme mais aussi une opportunité », estimant qu’« une gestion locale efficace, associée à un soutien financier durable, peut renforcer leur résilience et préserver leur rôle dans la protection des côtes et la prospérité régionale ».










