Le Programme prioritaire de recherche Outre-mer, lancé dans le cadre de France 2030, vise à soutenir des projets scientifiques dédiés aux enjeux environnementaux, sociaux et économiques propres aux territoires ultramarins. Piloté par l’Institut de recherche pour le développement, il fait l’objet d’un appel à projets ouvert en 2025.
Les territoires ultramarins concentrent une part majeure de la biodiversité française et constituent des espaces particulièrement exposés aux effets du changement climatique et aux pressions humaines. C’est à partir de ce constat qu’a été conçu le Programme prioritaire de recherche Outre-mer, inscrit parmi les priorités nationales du plan France 2030 et destiné à renforcer la production de connaissances scientifiques adaptées aux réalités de ces territoires.
Le dispositif s’appuie sur le fait que les Outre-mer « abritent 80 pour cent de la biodiversité française, dont quatre cinquièmes des espèces endémiques des territoires français », ainsi que de vastes récifs coralliens, des lagons et d’importantes surfaces forestières, tout en étant confrontés à des pollutions d’origines agricoles, minières ou urbaines. Ces vulnérabilités spécifiques justifient la mise en place d’un programme de recherche dédié, pensé à l’échelle locale mais inscrit dans une stratégie nationale.
Confié à l’Institut de recherche pour le développement, le pilotage du PPR Outre-mer vise à structurer durablement les communautés scientifiques ultramarines et à encourager des approches interdisciplinaires. L’objectif est de faire émerger des projets capables d’analyser les interactions entre sociétés, environnements et activités économiques, tout en proposant des réponses opérationnelles aux défis identifiés.
Trois axes de recherche prioritaires
Le programme est structuré autour de trois grands défis. Le premier consiste à mieux caractériser les vulnérabilités et spécificités structurelles des territoires ultramarins face aux pressions anthropiques et économiques, notamment celles génératrices de pollutions. Le deuxième porte sur l’analyse des dynamiques de ces pollutions dans les socio-écosystèmes ultramarins et sur l’anticipation de leurs évolutions futures. Le troisième vise à accompagner les transitions et à identifier des solutions pour restaurer ou préserver des écosystèmes dégradés.
L’appel à projets associé au PPR Outre-mer a pour vocation de soutenir des consortiums de recherche ambitieux, associant plusieurs équipes et disciplines, et contribuant au renforcement des capacités scientifiques locales. Les projets attendus doivent permettre de produire des connaissances nouvelles, mais aussi de favoriser leur appropriation par les acteurs des territoires.
Des projets financés sur le long terme
La sélection des projets s’effectue en deux étapes. Une première phase repose sur le dépôt de lettres d’intention, évaluées par un comité interne du programme. Les équipes présélectionnées sont ensuite invitées à soumettre un projet complet, examiné par un comité d’experts internationaux sous l’égide de l’Agence nationale de la recherche.
Les projets retenus pourront être financés pour une durée de cinq ans, avec un soutien pouvant atteindre deux millions d’euros par projet. Les consortiums couvrant plusieurs territoires ultramarins pourront, sous conditions, bénéficier d’un financement renforcé. À travers ce programme, l’État entend inscrire la recherche ultramarine dans une dynamique de long terme, en lien étroit avec les enjeux de durabilité, de résilience et de développement des territoires.








