La FMES analyse les fragilités multiples des territoires ultramarins français, entre enjeux géopolitiques, contraintes structurelles et exposition accrue aux risques climatiques.
La Fondation méditerranéenne d’études stratégiques (FMES) est un think tank français spécialisé dans les questions de défense, de sécurité et de géopolitique, avec une attention particulière portée aux espaces maritimes et aux enjeux stratégiques liés aux territoires. Elle publie, le 17 décembre 2025, une analyse consacrée aux vulnérabilités des outre-mer français.
Le document rappelle que « grâce à ses 13 territoires outre-mer, la France est présente sur tous les océans » et que ces espaces « occupent des positions d’importance stratégique, sur plusieurs voies de communication maritimes majeures ». Ils permettent à la France de disposer de « près de 97 % de sa Zone Économique Exclusive (ZEE), soit environ 11 millions de kilomètres carrés ». La FMES souligne également que ces territoires regroupent « environ 2,8 millions d’habitants », une population qui « dépasse largement celle de Paris et représente 4 % de la population française ».
Malgré ces atouts, la publication insiste sur une marginalisation persistante. Elle observe que « ces territoires français souffrent pourtant d’une marginalisation dans les réflexions politiques ou stratégiques ». Plusieurs facteurs sont avancés, dont « le rejet de l’histoire et d’un supposé passé colonial », la priorité accordée à la construction européenne et à l’économie de l’Hexagone, mais aussi « la tyrannie des distances », qui rend leur ravitaillement « complexe et coûteux ».
La FMES identifie ensuite des vulnérabilités structurelles fortes. Elle souligne que « l’insularité et l’éloignement » exposent les outre-mer à des risques spécifiques et relève que « la proximité de certains territoires avec les routes de la drogue génère des épisodes de violence qui aggravent les tensions socio-économiques et fragilisent les populations ». L’étude met également en avant la diversité des statuts institutionnels, entre Régions ultrapériphériques et Pays et Territoires d’outre-mer, une situation qui entraîne des effets contrastés puisque « les normes européennes qui s’imposent aux RUP participent de leur développement mais freinent leur intégration régionale ».
Les vulnérabilités externes occupent aussi une place centrale dans l’analyse. La publication indique que les outre-mer « font également l’objet de revendications étrangères, soutenues par certaines grandes puissances, mais aussi d’ingérences ou encore de pêche illégale ». Elle précise que « des questions indépendantistes se posent également », notamment « en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française ». À plus long terme, la FMES alerte sur les risques liés aux ressources marines, évoquant « les réserves d’hydrocarbures et de minerais susceptibles de générer des convoitises et des rivalités ».
Enfin, le changement climatique apparaît comme un facteur aggravant majeur. L’étude rappelle que « le caractère insulaire de la majorité de ces territoires les expose fortement aux conséquences du changement climatique », avec « une multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes favorisant les risques de submersion et d’érosion du trait de côte ». La FMES cite le fait que « Mayotte peine à se reconstruire un an après le passage du cyclone Chido » et que « Saint-Pierre-et-Miquelon est devenu le premier territoire français à déplacer une partie de sa population en raison des risques de submersion ».
À travers cette publication, la FMES met en évidence des territoires ultramarins à la fois centraux dans la projection stratégique de la France et confrontés à des fragilités profondes, appelant une attention renforcée des politiques publiques.









