Depuis la fin du mois de novembre 2025, la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG) a engagé le déploiement de l’éclairage solaire sur son réseau routier, avec 184 mâts installés sur six sites dans cinq communes, afin de répondre notamment au fléau des vols de câbles.
L’éclairage public solaire commence à se déployer concrètement sur plusieurs axes routiers de Guyane afin de sécuriser des zones longtemps privées de lumière à la suite de vols répétés de câbles électriques. La Collectivité Territoriale de Guyane indique dans un communiqué de presse daté du 20 décembre 2025 que ce projet, annoncé depuis le début de l’année 2025, est « en cours depuis la fin du mois de novembre ».
À ce stade, « 184 mâts solaires ont été installés sur six sites répartis dans cinq communes du territoire », précise la CTG. À Cayenne, sur la plaine de Suzini, « le nouvel éclairage concerne la voirie d’accès à l’espace sportif ainsi que le terrain de basket ». À Rémire Montjoly, l’éclairage a été rétabli au giratoire d’Attila Cabassou, « resté dans l’obscurité depuis 2022 à la suite de vols de câbles ». Il a également été installé sur les parkings extérieur et intérieur du lycée Léon Gontran Damas, « un site où plusieurs faits d’insécurité avaient été signalés ».
À Matoury, le giratoire de Copaya, situé sur la Matourienne, est de nouveau éclairé après une interruption survenue fin 2024, « également liée à des vols de câbles électriques ». À Montsinéry, « de nouveaux candélabres ont été installés dans une zone jusqu’alors non éclairée, entre le stade municipal de football et le bourg ». À Roura, où l’intervention est la plus importante, « l’éclairage solaire a été déployé depuis la sortie du pont Georges Othilly jusqu’à la sortie du bourg en direction d’Eskol », tandis que « l’éclairage existant sur la route départementale traversant le bourg a par ailleurs été entièrement remplacé par ce nouveau dispositif ». La CTG précise que « les travaux se poursuivent actuellement sur les deux derniers sites et leur achèvement est prévu d’ici la fin du mois de décembre ».
Les vols de câbles au cœur de la problématique
Ce déploiement expérimental s’inscrit dans un contexte de vols récurrents qui affectent durablement les infrastructures. La Collectivité souligne que cette opération permet de tester « une solution durable et alternative face aux vols récurrents de câbles sur les routes de Guyane, une problématique persistante, notamment dans les zones isolées ». Ces vols ciblent principalement le cuivre, revendu pour sa valeur marchande, et entraînent des coupures prolongées d’éclairage public, des coûts de réparation élevés et des risques accrus pour la sécurité des usagers.
Une première étape vers des infrastructures plus résilientes
En misant sur l’éclairage solaire autonome, la CTG cherche à réduire la vulnérabilité de son réseau routier face aux actes de malveillance liés aux vols de câbles. Ce phénomène dépasse largement le territoire guyanais. En France métropolitaine, les opérateurs de télécommunications ont recensé plus de 1 300 faits de vols de câbles au premier semestre 2024, contre environ 1 500 sur l’ensemble de l’année 2023, soit une multiplication par six depuis 2021. En 2023, près de 1 200 kilomètres de câbles ont ainsi été dérobés sur le territoire national.
Au total, plus de 3 200 faits de vols de câbles de cuivre ont été constatés en 2023, provoquant des coupures d’internet et de téléphonie, des perturbations sur les réseaux ferroviaires et l’extinction de l’éclairage public dans de nombreuses zones. Dans ce contexte, le choix de l’éclairage solaire vise à limiter l’impact de ces vols sur l’éclairage public routier et à tester une solution alternative plus autonome. Cette première phase doit permettre d’évaluer l’efficacité du dispositif avant d’envisager un déploiement plus large, dans un territoire où la sécurisation durable des infrastructures reste un enjeu majeur.








