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Carrière de Deshaies, reprise des tirs et bras de fer judiciaire avec les victimes du glissement de terrain

05/02/2026
dans Guadeloupe, Societé
Temps de lecture :8 minutes de lecture
Carrière de Deshaies en Guadeloupe, où des opérations d’exploitation ont repris dans un contexte de contentieux judiciaire. Crédit : Groupe Audemart

Carrière de Deshaies en Guadeloupe, où des opérations d’exploitation ont repris dans un contexte de contentieux judiciaire. Crédit : Groupe Audemart

En Guadeloupe, le dossier de la carrière de Deshaies continue de cristalliser les tensions, plus d’un an après le glissement de terrain majeur survenu à Savane Paille, le 3 décembre 2024. Alors que les victimes ont engagé des procédures et qu’une audience de règlement amiable est prévue, une annonce a ravivé la colère : la reprise de tirs de mines exploratoires dans le périmètre de la carrière, gérée par la Société antillaise de granulats (SADG), appartenant au groupe Audemard.

D’après Guadeloupe la 1ère, une série de dix tirs exploratoires est programmée, avec un premier tir annoncé pour le jeudi 5 février 2026 à 14h30. Pour les plaignants, cette reprise est vécue comme une provocation, et comme un risque supplémentaire dans une zone qu’ils considèrent toujours instable.

Un glissement de terrain sans victimes, mais des pertes lourdes

Le glissement de terrain de décembre 2024 a été décrit comme d’”ampleur exceptionnelle”. Selon un reportage de Guadeloupe la 1ère publié au lendemain des faits, la coulée de terre a touché un secteur d’environ 200 mètres de long et 200 mètres de haut, emportant chaussée, habitations et un gîte touristique. Plus de 150 000 m³ de terre auraient dévalé la montagne.

Aucune victime n’a été recensée, car trois familles (dix personnes) avaient été évacuées en amont sur décision des autorités. Mais pour les sinistrés, les conséquences sont considérables : pertes de maisons, impossibilité d’accéder à des exploitations agricoles, relogements, ruptures d’activité.

Dès décembre 2024, des habitants évoquaient des signes avant-coureurs : fissures dans les habitations, qui auraient progressé sur plusieurs semaines. Ils mettaient en cause des vibrations liées à l’activité de la carrière voisine. À l’époque, la préfecture indiquait attendre les analyses (notamment du BRGM) et rappelait que “toutes les pistes” étaient possibles.

Une enquête judiciaire avait été ouverte pour mise en danger de la vie d’autrui, confiée à la brigade de recherches de Saint-Claude, selon Guadeloupe la 1ère.

Une procédure judiciaire au long cours

Depuis, le dossier s’est déplacé sur le terrain des expertises, des ordonnances et des audiences. Le point central est la question de la responsabilité de la SADG.

Guadeloupe la 1ère rapporte qu’un expert indépendant nommé par le tribunal a rendu un rapport engageant clairement la responsabilité de l’exploitant. Dans un deuxième rapport d’expertise, l’expert Marc Favre indique que l’activité de la carrière aurait été un élément déclenchant de l’effondrement. Il souligne notamment l’effet cumulatif des vibrations générées par 41 tirs d’exploitation entre le 21 septembre 2023 et le 21 novembre 2024, soit un tir tous les 11 jours, pouvant conduire à une “fatigue des matériaux”. Le rapport évoque également un effet d’amplification lié à l’exploitation en saillant.

Ce rapport, précise l’article, était encore provisoire jusqu’à la clôture du débat contradictoire. Mais il nourrit une revendication des victimes : obtenir des indemnisations à la hauteur des préjudices, et empêcher la reprise d’une activité qu’elles considèrent dangereuse.

Un accord transitoire décidé par le tribunal

Le 12 janvier 2026, une audience attendue s’est tenue au tribunal judiciaire de Basse-Terre. Un accord transitoire a été décidé : des indemnités provisionnelles, allant de 500 euros à un peu plus de 29 000 euros, doivent être versées aux six demandeurs, selon Guadeloupe la 1ère.

Les plaignants, représentés par Me Arié Alimi, demandaient à ce que la SADG soit reconnue coupable et réclamaient des indemnisations plus substantielles, allant de 20 000 à 360 000 euros selon les préjudices. En face, des avocats de la défense ont invoqué l’incompétence du tribunal, estimant que le dossier devait être traité dans le cadre d’une audience de règlement à l’amiable.

La présidente du tribunal s’est orientée vers une solution transitoire, négociée, avant un examen au fond. Une audience de règlement amiable était annoncée comme prochaine étape.

Reprise des tirs : un cadre administratif et judiciaire

Dans ce contexte, la reprise des tirs exploratoires est présentée comme conforme à une ordonnance du 26 décembre 2025 rendue par la présidente du tribunal judiciaire de Basse-Terre, en tant que juge chargée des expertises. Les tirs seraient également autorisés par un arrêté préfectoral daté du 16 janvier 2026.

Guadeloupe la 1ère précise que la carrière avait été à l’arrêt depuis plusieurs semaines et que, par ordonnances des 29 septembre et 4 novembre 2025, la présidente du tribunal n’avait pas autorisé la poursuite ou l’extension de tirs exploratoires demandés par la SADG. Dans l’intervalle, seuls les stocks pouvaient être écoulés.

La nouvelle autorisation change la donne et ravive la confrontation.

Les victimes dénoncent une décision “non contradictoire”

Me Arié Alimi, avocat des victimes, conteste la manière dont l’ordonnance du 26 décembre 2025 a été rendue. Il affirme qu’elle a été prise “de manière non contradictoire”, datée “en pleine période de fêtes” sans délai pour observations. Il indique que des observations ont été transmises le 28 décembre, mais qu’elles n’auraient pas été considérées.

Au-delà de la procédure, le sentiment des victimes est celui d’une injustice : elles sont privées de leurs propriétés depuis plus d’un an, et voient des tirs reprendre à proximité du secteur qu’elles estiment toujours fragile.

Une médiation fragilisée, un risque de tension sur le terrain

L’avocat estime que cette reprise “entrave sérieusement” l’audience de règlement amiable prévue le 16 février. Il évoque la possibilité que ses clients renoncent à la médiation, en parlant “d’atteintes graves à leurs droits de propriété”.

Plus préoccupant encore, Guadeloupe la 1ère rapporte qu’un courrier mentionne l’intention de riverains d’être présents sur site au moment des tirs, et de rejoindre leurs terrains “quels que soient les risques encourus”. Cette annonce fait craindre une situation de tension, voire de confrontation, au moment des opérations.

Dans le même temps, l’avocat sollicite une rétractation de l’ordonnance du 26 décembre 2025.

Un enjeu juridique qui dépasse Deshaies

Ce dossier illustre plusieurs dimensions du contentieux environnemental et industriel :

– la place des expertises judiciaires dans l’établissement des responsabilités ;

– la cohabitation entre autorisations administratives et procédures civiles ;

– la réparation des préjudices (logement, exploitation, perte de revenus) ;

– le rôle de la médiation et du règlement amiable dans des conflits très sensibles ;

– la question du risque résiduel, et de la gestion de l’instabilité d’un site.

Pour les victimes, l’enjeu est immédiat : obtenir une réparation, retrouver une stabilité, et s’assurer que le risque ne se reproduira pas. Pour l’exploitant, l’enjeu est aussi économique : l’activité d’extraction et l’approvisionnement en granulats.

Mais, pour le territoire, l’affaire pose une question plus large : comment arbitrer entre une activité industrielle autorisée et la protection des habitants, de leurs biens et de l’environnement, lorsque le doute sur la stabilité du terrain persiste ?

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