Une étude publiée le 20 janvier par Santé publique France met en évidence des inégalités marquées de santé mentale dans la population générale de Cayenne, selon les conditions sociales et le genre.
Les inégalités de santé mentale observées à Cayenne font l’objet d’une analyse détaillée dans une étude publiée le 20 janvier par Santé publique France. Ce travail s’appuie sur des données recueillies en population générale et vise à documenter l’état de la santé mentale ainsi que ses déterminants sociaux dans un contexte urbain ultramarin.
Santé publique France rappelle que « la santé mentale est définie comme un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté ». L’étude souligne que cet état de bien-être « n’est pas réparti de manière homogène dans la population », et que des écarts significatifs apparaissent selon la situation sociale, le niveau de vie ou le sexe.
Les résultats montrent que « les indicateurs de santé mentale défavorable sont plus fréquents chez les personnes en situation de précarité sociale ». L’étude observe notamment une prévalence plus élevée de symptômes anxiodépressifs chez les individus déclarant des difficultés financières ou une situation professionnelle instable. Santé publique France précise que « les personnes sans emploi ou en emploi précaire présentent des niveaux plus élevés de détresse psychologique que celles disposant d’un emploi stable ».
L’analyse met également en évidence des différences marquées entre les femmes et les hommes. Selon l’étude, « les femmes déclarent plus fréquemment des symptômes dépressifs et anxieux que les hommes », tandis que ces derniers présentent davantage de conduites à risque. Santé publique France souligne que ces écarts « s’inscrivent dans des rapports sociaux de genre qui influencent l’exposition aux facteurs de stress et les recours aux soins ».
Des déterminants sociaux fortement associés à la santé mentale
L’étude insiste sur le rôle central des conditions de vie dans l’état de santé mentale de la population cayennaise. Santé publique France indique que « le niveau de diplôme, la situation professionnelle et les conditions matérielles d’existence sont fortement associés aux indicateurs de santé mentale ». Les personnes ayant un faible niveau de diplôme présentent ainsi « une probabilité plus élevée de déclarer un mal-être psychologique ».
Le cadre de vie apparaît également comme un facteur important. L’étude note que « les difficultés liées au logement, telles que la suroccupation ou l’insalubrité, sont associées à une dégradation de la santé mentale ». Ces éléments sont présentés comme des facteurs de stress chroniques susceptibles d’aggraver les troubles psychiques.
Des enjeux de santé publique spécifiques au territoire
En conclusion de ses analyses, Santé publique France souligne que « les inégalités sociales de santé mentale observées à Cayenne appellent des actions de prévention et de prise en charge adaptées au contexte local ». L’agence estime que la réduction de ces inégalités passe par « des politiques publiques agissant sur les déterminants sociaux, en complément des actions sanitaires ».
Sans se limiter à une approche strictement médicale, l’étude met en avant la nécessité de « renforcer la promotion de la santé mentale et l’accès aux dispositifs de soutien pour les populations les plus vulnérables ». Ces constats ouvrent des perspectives en matière de politiques locales de santé, dans un territoire confronté à des défis sociaux et sanitaires spécifiques.







