Au 1ᵉʳ janvier 2023, la Guadeloupe compte 384 160 habitants. L’Insee confirme que le déclin démographique engagé depuis plus d’une décennie se poursuit, avec des situations contrastées selon les communes.
Au 1ᵉʳ janvier 2023, la population de la Guadeloupe s’établit à 384 160 habitants, soit 6 093 de moins qu’en 2017, avance l’Insee dans une étude publiée le 18 décembre dernier. Entre 2017 et 2023, la population recule en moyenne de 0,3 % par an, un rythme nettement moins marqué que sur la période 2012-2017, où la baisse atteignait 0,7 % par an. Comme le souligne l’Insee, cette évolution s’explique principalement par un solde migratoire déficitaire, les départs, notamment vers l’Hexagone, étant plus nombreux que les arrivées. Le solde naturel reste légèrement positif, mais il ne suffit plus à compenser ces pertes migratoires.
Les évolutions démographiques diffèrent fortement d’une commune à l’autre. Les Abymes, première commune de Guadeloupe avec 51 055 habitants, perd 2 436 habitants entre 2017 et 2023, soit une diminution moyenne de 0,8 % par an. Pointe-à-Pitre, qui compte 15 040 habitants, enregistre également un recul marqué, à raison de 0,9 % par an. La baisse est aussi sensible à Morne-à-l’Eau (16 228 habitants, -1,2 % par an) et à Bouillante (6 127 habitants, -2,3 % par an), illustrant une dynamique de dépeuplement dans plusieurs communes urbaines ou rurales.
À l’inverse, certaines communes connaissent une croissance soutenue. Le Lamentin se distingue avec 18 628 habitants et une progression moyenne de 2,0 % par an entre 2017 et 2023, la plus élevée de l’archipel. Le Gosier, qui compte 27 757 habitants, affiche une hausse de 0,6 % par an, tandis que Saint-François (13 942 habitants) progresse de 1,4 % par an. Saint-Louis de Marie-Galante, avec 2 610 habitants, enregistre également une augmentation notable, de 1,1 % par an.
D’autres territoires présentent des évolutions plus modérées. Baie-Mahault, deuxième commune la plus peuplée avec 30 924 habitants, voit sa population globalement se stabiliser sur la période, tout comme Petit-Canal (8 212 habitants). Sainte-Anne, qui compte 23 973 habitants, enregistre une légère croissance, évaluée à 0,2 % par an. En revanche, les petites îles restent particulièrement exposées au recul démographique : La Désirade (1 306 habitants) perd en moyenne 1,7 % de sa population par an, tandis que Terre-de-Bas (873 habitants) recule de 3,0 % par an.
À l’échelle intercommunale, les contrastes sont également marqués. La communauté d’agglomération Cap Excellence, qui regroupe notamment Les Abymes et Pointe-à-Pitre, enregistre une baisse moyenne de 0,6 % par an, tandis que la communauté d’agglomération La Riviera du Levant affiche une croissance moyenne de 0,6 % par an entre 2017 et 2023.
L’étude de l’Insee met ainsi en évidence la poursuite du déclin démographique en Guadeloupe, dans un contexte de vieillissement de la population et de migrations durables vers l’Hexagone. Si certains territoires parviennent à attirer ou à retenir des habitants, les dynamiques restent très hétérogènes et posent des enjeux structurants pour l’aménagement et le développement de l’archipel.









